17 PLUVIOSE – Jour du Lichen

Agenda républicain

Septidi 17 PLUVIOSE

Jour du Lichen.

Septidi 17, Lichen. Ce genre de cryptograme est extrêmement curieux : il est ainsi nommé d’un mot grec, parce qu’il semble lécher la surface des corps. Il appartient à l’ordre des algues ; sa fructification, malgré les recherches des plus célèvres cryptogamistes, n’a pas encore été bien déterminée.

Les lichens sont des expansions végétales qui se présentent sous plusieurs formes. On les distribue en différentes familles, les lichens lépreux, les lichens flyphifères, c’est-à-dire portant des espèces de godets ; les lichens foliacés, coriaces, ramifiés, filamenteux, etc. Ces noms désignent assez leur conformation.

Ils habitent sur différentes substances, sur la pierre la plus tendre, ou sur la roche la plus dure ; sur la terre ou le gazon ; enfin sur une foule d’arbres différens dont ils prennent le nom, et dont ils peuvent servir à déterminer l’espèce. Ainsi on dit le lichen du hêtre, le lichen du prunier, etc, etc. Ils se trouvent également sur les arbres morts et sur les arbres vivans.

Les lichens paroissent principalement pendant l’hiver, et dans cette saison ou tout semble mort dans la nature, ils offrent au botaniste un vaste sujet de recherches et d’observations. C’est alors qu’on peut surtout suivre leur fructification. Dans l’été ils sont secs et friables, mais la pluie les ranime et les rend plus tenaces et plus vigoureux.

Beaucoup de personnes otn cru que les lichens nuisent aux arbres qui en sont quelquefois couverts. On a cherché les moyens de les détruire, cependant ce ne sont point des plantes parasites ; ils ne dérobent aucun aliment à la substance sur laquelle ils végètent. Ainsi, au lieu de nuire aux arbres, ils leur sont utiles pour les défendre du froid, et ils suppléent à l’écorce enlevée par un accident quelconque.

Les usages des lichens sont très-multipliés ; leur emploi dans l’économie est très-varié. Les lichens sont le fondement de toute végétation ; les crustacés s’attachent aux rochers les plus lisses et les plus polis où aucune plante ne pourroit croître ; ils y sont entretenus par l’air et par la pluie, et se détruisent en une terre extrêmement tenue, sur laquelle les lichens embriqués peuvent établir leurs foibles racines. Ces lichens putréfiés se changent en une terre sur laquelle les hypnes, les mnies, les polytrics et différentes autres mousses peuvent trouver leur nourriture. Cette terre, en augmentant devient propre aux plantes et enfin aux plus grands arbres. Au bout de quelques siècles, des forêts peuvent se former ainsi, dans les îles, au milieu des mers. Les lichens servent encore à défendre les arbres de la rigueur du froid, à pomper leurs humeurs morbifiques, et sont un excellent engrais. Tel est leur emploi sur les arbres vivans, mais ils contribuent aussi à accélérer la destruction des arbres morts ; ils commencent à diviser leurs fibres en y laissant pénétrer l’humidité ; les champignons les aident dans cette opération ; les dermestes et les autres insectes l’achèvent.

Plusieurs lichens sont employés dans la médecine. Le lichen des chiens contre la rage, le lichen pulmonaire contre les maladies des poumons ; plusieurs sont considérés comme fébrifuges ; mais ces propriétés ne méritent pas toutes une égale confiance.

C’est sur-tout pour la teinture qu’on les recueille ; presque tous donnent une couleur rouge, en les macérant avec de l’urine et de la chaux, et peuvent être supplées au lichen orseille qui est celui dont on fait le plus d’usage. Quelques-uns donnent une couleurs jaune. Le lichen des chandeliers sert en Suède jaunir la chandelle. Enfin on retire de quelqu’autres une couleur bleue ou noire. Ceux qu’on destine à la teinture doivent être recueillis par un tems humide ; on les arrose, on les lave, on les sèche pour en extraire la teinture avec l’excipient convenable.

Les lichens servent encore à une foule d’autres usages : le lichen des rhènes est, dans les contrées glacées et arides, la nourriture de ces animaux ; ils y périroient sans lui. Le lichen d’Islande, le lichen velu se servent en Islande sur la table ; le lichen pulmonaire fournit des semelles de souliers. Le lichen tue-loup est ainsi nommé, parce que mêlé avec des noix pilées, on en fait usage pour détruire ces animaux. Les petits oiseaux construisent leur nid avec des lichens ; plusieurs lichens, réduits en poudre, existent dans la fabrication d’un pain qui soutient l’existence des malheureux habitants du Nord.

On voit combien un végétal si méprisable, en apparence, offre d’objets d’utilité, de curiosité, d’amusement et d’instruction.

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