2 Nivôse – Jour de la Houille

Agenda républicain

Duodi, 2 Nivôse

Jour de la Houille.

Duodi, 2, Houille. C’est une matière bitumeuse, cassante, noire et feuilletée, qu’on appelle communément charbon de terre, à cause de sa propriété combustible, les dépouilles d’animaux marins, les fougères exotiques qu’on y observe, l’ont fait regarder des naturalistes, comme un dépôt de la mer, mais la plupart estiment que c’est le produit d’une masse considérable de bois enfoui et altéré par les acides.

Le charbon de terre forme des mines couvertes d’un toît de pierres plus ou moins dures, schiteuses ou alumineuses. On exploite ces mines ou houillières, en creusant des puits et en pratiquant des galeries, et on détache la houille avec des piques et des pioches. Il sort de ces mines des gas délétères ou inflammables, dangereux par l’acide carbonique qu’ils contiennent ou par des explosions qu’ils occasionnent.

La houille ainsi exploitée entre dans le commerce. On distingue ce fossile en charbon de terre et charbon de pierre, nom que l’on rend, par le mot univoque lithanthrax selon sa dureté et sa friabilité. On en compte plusieurs espèces dont l’usage est le même.

Ce bitume s’embrase d’autant plus difficilement qu’il est plus pesant et plus compact. Sa chaleur est vive et durable, on peut successivement l’éteindre et le rallumer plusieurs fois. Sa flamme est dense et exhale une odeur forte, mais point sulphureuse, elle est due à la partie huileuse plus volatile qui se dissipe par la première action du feu. Le procédé pour faire le coal, ou charbon consiste à dissiper par une première combustion la portion d’huile la plus grossière. C’est très-improprement qu’on appelle cette opération dessoufrer le charbon de terre, puisque ce fossile ne contient pas un atôme de soufre.

La houille est très-utile dans les pays où il n’y a pas de bois. L’usage du coal dans les appartemens, n’offre aucune espèce de danger, le seul inconvénient qu’on y trouve est que sa fumée noircit les meubles et que le courant d’air, abondant et rapide qu’il exige pour sa conbustion, enlève une partie des cendres qui s’attachent aux corps environnans. On peut remédier à cet inconvénient par une construction bien entendue des cheminées. Il est utile de répandre l’usage de la houille même dans les pays où le bois est abondant, parce qu’il en faut une quantité considérable pour les mines et qu’il est à craindre que ces travaux n’épuisent nos forêts. Son usage commence à s’établir dans nos fonderies, nos fours et dans plusieurs atteliers.

Si la dépuration du charbon étoit bien entendue, elle offriroit encore aux arts, des produits utiles. En l’opérant dans un appareil distillatoire, on obtiendroit son huile très-propre pour remplacer le goudron, l’ammoniac qui pourroit servir aux munufactures du muriate ammoniacal vulgairement le sel ammoniac, le résidu seroit du coal ou charbon puré.

La houille est très-abondante dans la nature : outre les pays étrangers, où on en trouve, plusieurs de nos départemens en fournissent. Les rivières qui les traversent la charient, et si les habitans des bords de la Loire étoient plus industrieux, ils ramasseroient les morceaux que cette rivière entraîne en quittant le département de la Nièvre, et qui couvrent les bords après les inondations. Il y a des houillières peu éloignées de Paris ; Bleton qui prétendoit les découvrir au moyen de la baguette divinatoire, n’étoit qu’un jongleur.

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