15 GERMINAL – Jour de l’ ABEILLE

Agenda républicain

Quintidi, 15 GERMINAL

Jour de l’ ABEILLE.

Quintidi, 15. ABEILLE, insecte diptère, c’est-à-dire à deux ailes, aussi précieux par les substances qu’il nous fournit, le miel et la cire, qu’admirable par la manière dont il les prépare, et par la variété de ses travaux ; on le nomme communément mouche à miel.

On a raconté une foule de miracles sur la police de ces animaux singuliers : Mais nous ne nous arrêterons qu’à ce qu’il y a de constant et de plus utile. Quand on veut en posséder, on choisit une bonne ruche, et on y fait entrer un essaim, en la frottant de miel, et en y attirant, par différens moyens, la colonie qui sort d’une autre ruche trop remplie, sous la conduite de son chef. Les abeilles s’y réunissent alors au nombre de plusieurs milliers, et se mettent au travail ; mais il faut que cette nouvelle colonie soit composée de tous les individus nécessaires à sa multiplication et à ses travaux.

L’abeille mâle ; nommée vulgairement faux bourdon, pour la distinguer de ces bourdons qui pénètrent dans le sein de la terre. Il n’y a guères plus de deux à trois cens de ces abeilles mâles dans une ruche de plus de trente mille. Les abeilles ouvrières ne leur permettent de vivre sans travailler que pour repeupler la ruche : dès que la ponte est faite, ces mêmes ouvrières, qui les avoient nourries avec soin au printems, massacrent à coups d’aiguillon ces fainéans qui, faute d’armes, ne peuvent se défendre.

L’abeille femelle, elle est unique dans la ruche. Elle en est le chef, et chacun paroît empressé à la servir : on lui présente sa nourriture, et elle peut, par sa seule présence, arrêter les travaux ou les rendre plus actifs. Cette femelle est beaucoup plus grande que toutes les autres abeilles ; elle est douée d’une énorme fécondité ; elle répond aux caresses de ses différens favoris pour lesquelles elle montre beaucoup de prévenance et de soins ; enfin, par des pontes multipliées depuis germinal jusqu’en prairial, elle entretient seule la population de la ruche : cette population s’accroit même au point qu’il en sort tous les ans de nombreux essaims qui vont, sous la conduite d’une autre femelle, établir une nouvelle colonie. Cette femelle peut à peine voler ; il suffit de s’en emparer, et de la mettre dans une ruche pour y faire entrer tout l’essaim qui la suit.

Les abeilles ouvrières ; ce sont proprement les mouches à miel, puisqu’elles sont chargées de tous les travaux de la ruche, on les appelle aussi mulets, parce qu’elles ne peuvent ni féconder ni pondre et que tous leurs soins tendent à conserver les petits que la femelle leur a donnés. Elles construisent leurs célulles pour que cette femelle y dépose ses œufs, et elles les remplissent de miel pour noiurrir la larve qui doit en éclôrre.

Les abeilles ouvrières vont quelquefois fort loin chercher la matière de la cire ; c’est la poussière des étamines des fleurs, elles se roulent dessus, et la ramasse, elles se frottent ensuite avec les pattes et rassemblent le tout en boule dans les palettes triangulaires de leurs pattes postérieures, elles apportent ainsi ce butin ; d’autres abeilles recoivent cette matière, l’élaborent dans leur estomac, et à l’aide de leurs pattes et de leurs mandibules : elles forment, avec cette bouillie qui constitue la cire, des alvéoles hexagones pressées l’un contre l’autre : d’autres recueillent sur des plantes résineuses ou gommeuses une espèce de gluten appellé propolis, qui leur sert à boucher les fentes.

Les cellules sont destinées à différens usages ; les unes sont vuides, les autres contiennent la cire brute qui, dans les momens d’une récolte abondante, a été mise ne dépôt et recouverte d’un peu de miel. La plupart sont occupées par les œufs ; d’autres, couvertes de calottes plus élevées, renferment des chrysalides qui doivent au printems passer à l’état parfait ; d’autres enfin sont destinées pour les petits de la même nature que le chef et pour les larves des jeunes femelles. Celles-ci sont recouvertes d’une incrustation qui les rend d’une force proportionnée à leur grandeur. La réunion de toutes ces alvéoles compose les gâteaux ou rayons.

Quand les alvéoles sont construites, il faut les remplir de miel ; et c’est dans le nectaire des fleurs que les abeilles le pompent avec leur trompe ; elle l’élaborent et le dégorgent dans les cellules ; une pellicule de cire le recouvre, les abeilles en consomment pendant l’hiver pour leur propre nourriture, lorsqu’elles n’en trouvent plus aux champs.

On ne peut pas toujours se livrer au travail ; il y a des instans de repos : alors les abeilles se suspendent l’une à l’autre par les pattes, se tiennent accrochées et forment ces grappes qu’on observe facilement dans les ruches vitrées. Les essaims nouvellement sortis se suspendent de même à une branche d’arbre pour attendre le choix qu’a fait leur chef d’un asyle convenable.

Pour éviter aux abeilles d’aller trop loin chercher leurs matériaux, les Egyptiens mettent les ruches sur des bateaux qui changent de place quand le pays est épuisé. On a vu dans le département de la Nièvre un éconôme intelligent transporter les siennes sur des chariots. Un certain nombre de ruches ne coûte aucun entretien, et peut être d’un bon produit.

Il y a encore d’autres insectes auxquels on donne le nom d’abeilles ; mais plusieurs appartiennent à des genres très-différens, tels que ceux de l’Ichneumon et de la Guêpe ; le plus gros de ceux qui sont véritablement du même genre que l’abeille, est l’Abeille Perce-bois, remarquable par sa couleur violette ; elle pond ses œufs dans les galeries qu’elle perce au-travers du bois mort. Une autre mérite encore toute notre attention : c’est l’Abeille maçonne qui e construit des cellules avec un mortier épais, gâché comme le plâtre. Toutes ces merveilles font l’amusement de ceux qui se livrent à l’art Entomologique, celui de la connoissance des insectes. On n’appelle uniquement abeille que celle qui donne le miel et la cire. Nous avons vu à ces mots l’estime que les anciens en faisoient : elles font le sujet du plus bel épisode des Géorgiques de Virgile, celui d’Aristée.

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