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Jour de la cire

Agenda républicain

Vendredi 1er décembre 2018 est aussi le 11 Frimaire 226 de la République.

Dans le calendrier républicain, c’est aussi le jour de la Cire.

Quoiqu’on ne puisse douter que cette substance vient des étamines des fleurs, il est cependant démontré qu’elle reçoit dans le corps de l’Abeille une élaboration particulière. On ne peut faire une cire flexible avec la poussière des anthères.

Quand les gâteaux ont bien été égoûtés et pressés, on les met dans l’eau pour laver la cire ; on la fait fondre et on la passe dans un linge pour en retirer tous les corps étrangers. On la fait tomber dans l’eau, elle surnage et se réduit en lames minces, on l’expose ainsi sur des toiles, à la rosée qui le blanchit ; cette opération de la fonte et du blanchiment de la cire se répète trois fois ; elle a acquis alors toute la blancheur dont elle est susceptible, on l’appelle cire-vierge.

La cire chauffée à un feu doux forme encore, en la laissant, un fluide huileux et transparent. Elle redevient solide par le refroidissement ; lorsqu’on la chauffe avec le contact de l’air, elle s’allume et se volatilise ; c’est l’effet que produit la mèche dans la bougie. La cire-vierge outre son usage pour éclairer, sert dans la parfumerie et la pharmacie pour la préparation des pommades, des onguens, de emplâtres et des cérats ; on en fait des torches et des bougies de toutes espèces.

La cire jaune est celle qui est employée telle qu’elle sort de la ruche ; on s’en sert pour cirer les appartemens, et pour des bougies grossières. On peut aussi colorer la blanche en broyant d’abord à l’huile, la couleur qu’on veut lui donner et en les fondant ensemble : c’est ainsi que se font les cires rouges, vertes, etc. , pour les sceaux. La cire de commissaire qu’on employe pour l’application des scellés est un mélange de cire, de vermillon broyé à l’huile et de poix grasse qui l’entretient toujours dans un état de mollesse. La cire mêlée au ducre-candi forme une pâte propre à prendre l’empreinte des pierres gravées. On modèle en cire, toutes sortes de statues et de figures. On en enduit des étoffes de toile ou de soie pour les rendre imperméables à la pluie, mais il y faut toujours mêler de l’huile pour que cet enduit ne soit pas cassant.

On connoît une espèce de Myrica. Le Myrica Cerifère dont les baies fournissent une substance analogue à la cire, ce qui lui a fait donner le nom d’arbre à cire.

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Dans l’encyclopédie de Diderot :

CIRE, s. f. (Hist. nat.) matière tirée des végétaux, & élaborée dans le corps d’un animal. Les abeilles transforment en cire les poussières des étamines des plantes ; car les pelotes qu’elles forment avec cette poussière, et qu’elles rapportent dans la ruche, comme il a été dit à l’article de l’Abeille, & que l’on appelle de la cire brute, n’est pas de la vraie cire ; elle ne se ramollit ni ne se fond lorsqu’elle est échauffée ; elle tombe au fonds de l’eau, au lieu de surnager, etc. Il faut, pour que cette matière devienne de la vraie cire, que les abeilles la mâchent, l’avalent, & la digèrent. On a vu à l’article Abeille, que ces insectes ont une bouche, des dents, une langue, & un estomac, c’est-à-dire des organes propres à toutes ces opérations. Lorsqu’une abeille arrive à la ruche avec des pelotes de cire brute, elle la mange quelquefois avant que d’entrer, mais pour l’ordinaire elle va sur les gâteaux en battant des ailes. Alors trois ou quatre autres abeilles viennent auprès de celle qui arrive, & mangent les pelotes dont elle est chargée. On prétend les avoir vues distinctement mâcher & avaler ; mais ce qui est encore plus certain, c’est qu’on a trouvé dans leur estomac & leurs intestins, de la cire brute bien reconnaissable par les grains de la poussière des étamines dont elle est composée. Lorsque les abeilles apportent plus de cire brute qu’elles n’en peuvent manger, alors elles la déposent dans des alvéoles, où il n’y a ni ver ni miel ; & dès qu’un de ces insectes y a fait tomber les deux pelotes dont il était chargé, il en vient un autre qui les étend dans l’alvéole, & quelquefois c’est le même qui les a apportées. Non seulement ils les rangent, mais encore ils les pétrissent, & les imbibent d’une liqueur qui paraît être du miel, parce qu’après cette opération la cire brute en a le goût ; c’est peut-être ce qui la conserve sans altération. On trouve dans les ruches des parties de gâteaux assez grandes, dont les cellules sont toutes remplies de cire brute. Il y en a aussi qui sont dispersées ou placées entre d’autres cellules, qui contiennent du miel ou des vers. Enfin les abeilles mangent la cire brute lorsqu’elles l’ont apportée dans la ruche, ou elles la déposent dans des alvéoles pour la manger dans un autre tems ; mais on croit qu’il faut qu’elles la digèrent pour la convertir en vraie cire, qu’une partie sert à la nourriture de l’insecte, qu’une autre sort par l’anus en forme excréments, et que le reste revient par la bouche, & est employé à la construction des alvéoles, voyez Alvéole. On a vu une liqueur mousseuse, ou une espèce de bouillie, sortir de la bouche dans le temps que l’abeille travaille à faire une cellule ; cette pâte se sèche dans un instant, c’est de la vraie cire. On prétend que les abeilles ne peuvent plus employer la cire dès qu’elle est entièrement sèche. Aussi lorsqu’on leur en présente auprès de leur ruche, elles ne s’en chargent pas, mais elles recherchent tout le miel qui peut y être mêlé ; elles hachent quelquefois la cire par morceaux, & ne l’abandonnent que lorsqu’elles en ont enlevé tout le miel ; et s’il n’y en avait point, elles ne toucheraient pas à la cire. Lorsqu’on fait passer des abeilles dans une nouvelle ruche entièrement vide, et qu’on les y renferme au commencement du jour, avant qu’elles aient pu ramasser de la cire brute, on trouve le soir des gâteaux de cire dans la nouvelle ruche. Il y a tout lieu de croire que la cire dont ces gâteaux sont formés, est venue de la bouche de ces insectes, en supposant qu’ils n’ont point apporté de cire brute attachée à leurs jambes. Cette matière éprouve des changements dans l’estomac, puisque la cire des alvéoles est blanche, quoique les pelotes de cire brute que les abeilles apportent dans la ruche soient de différentes couleurs, blanches, jaunes, orangées, rougeâtres, vertes. Les alvéoles nouvellement faits sont blancs, & ils jaunissent avec le temps & par différentes causes. Mais lorsqu’ils sont nouveaux, la teinte est à-peu-près la même dans toutes les ruches ; s’il s’en trouve de jaunâtre, on peut croire que cette couleur vient d’une mauvaise digestion de la cire brute, que l’on a attribuée à un vice héréditaire que toutes les abeilles d’une ruche tiennent de leur mère commune. Ce qu’il y a de certain, c’est que toutes les cires ne sont pas également propres à recevoir un beau blanc dans nos blanchisseries. Mém. pour servir à l’histoire des insectes, tom. V. (I)

cire lepeletier de saint fargeau

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97649720/f9.item.r=apis%20mellifera

Cire, (Hist. anc. & mod.) Les hommes détruisent les cellules pour avoir la cire qui les forme, & l’on ne sauroit dire à combien d’usages ils l’ont employée de tout tems. Autrefois on s’en servoit comme d’un moule pour écrire, invention qu’on attribue aux Grecs. Pour cet effet, on faisoit de petites planches de bois à-peu-près comme les feuillets de nos tablettes, dont les extrémités tout-à-l’entour étoient revêtues d’un bord plus élevé que le reste, afin que la cire ne pût pas s’écouler. On répandoit ensuite sur ces tablettes de la cire fondue, on l’applanissoit, on l’égalisoit, & l’on écrivoit sur cette cire avec un poinçon. C’est pourquoi Plaute dit, dum scribo explevi totas ceras quatuor. Les testamens même s’écrivoient sur de la cire ainsi préparée. De là vient qu’on leur donnoit aussi le simple nom de cera, cire, V. Suetone, dans la vie de César chap. lxxxiij. & dans la vie de Néron, chap. xvij. On se servoit encore de la cire pour cacheter des lettres, & empêcher qu’elles ne fussent lûes ; c’est ce qui paroît par ce joli vers d’Ovide, lib. I. amor.

Cætera fert blanda cera notata manu.
L’on donnoit à cette cire à cacheter toutes sortes de couleurs. Voyez Hein. de sigill. veter. page 1. cap. vj.

Aujourd’hui les particuliers se servent de lacque, voyez Cire à cacheter ; mais les princes, les magistrats, les grands seigneurs, & tous ceux qui ont droit de sceller, font encore usage de la cire d’abeille pour imprimer leurs sceaux, & les attacher aux ordonnances & arrêts qu’ils publient, comme aussi à toutes les patentes & expéditions en chancellerie, que l’on scelle de cire jaune, rouge, verte, dont la consommation à cet égard est très-considérable. V. Cire, Jurisprud. Chauffe-cire, &c.

La cire a autrefois aussi servi dans la Peinture, en lui donnant telle couleur que l’on vouloit, & on en faisoit des portraits qu’on endurcissoit par le moyen du feu ; mais il n’y avoit chez les Romains que ceux qui avoient exercé des magistratures curules qui eussent le droit des images. Seneque nomme ces sortes de Peintures cereas apellineas. Plus les grands pouvoient étaler de tels portraits dans leur vestibule, & plus ils étoient nobles. De là vient que les poëtes se moquent de cette noblesse empruntée.

Nec te decipiant veteri cincta atria cerâ.

dit Ovide, lib. I. amor. eleg. VIII. 65. Et Juvenal encore mieux :

Tota licèt veteres exornent undique ceræ
Atria : nobilitas sola est atque unica virtus.
Satyr. VIII. 19.
Cet art a été poussé fort loin de nos jours. Tout le monde connoît le nom du sieur Benoît, & l’invention ingénieuse de ces cercles composés de personnages de cire, qui ont fait si long-tems l’admiration de la cour & de la ville. Cet homme, peintre de profession, trouva le secret de former sur le visage des personnes vivantes, même les plus belles & les plus délicates, & sans aucun risque, ni pour la santé, ni pour la beauté, des moules dans lesquels il fondoit des masques de cire, auxquels il donnoit une espece de vie, par des couleurs & des yeux d’émail, imités d’après le naturel. Ces figures revêtues d’habits, conformes à la qualité des personnes qu’elles représentoient, étoient si ressemblantes, que les yeux leur croyoient quelquefois de la vie ; mais les figures anatomiques faites en cire par le même Benoît, peuvent encore moins s’oublier que la beauté de ses portraits.

Les modernes ont tellement multiplié les usages de la cire, qu’il seroit difficile de les détailler.

Ils commencent avant toutes choses pour s’en servir, à la séparer du miel par expression, à la purifier, à la mettre en pains que vendent les droguistes. Elle est alors assez solide, un peu glutineuse au toucher, & de belle couleur jaune, qu’elle perd un peu en vieillissant.

Pour la blanchir, on la purifie de nouveau en la fondant, on la lave, on l’expose à l’air & à la rosée : par ces moyens elle acquiert la blancheur, devient plus dure, plus cassante, & perd presque toute son odeur. Sa fonderie & son blanchissage réquierent beaucoup d’art ; les Vénitiens ont apporté cet art en France. Voyez Blanchir.

On demande dans le Ménagiana (tom. III. p. 120) pourquoi les cires de Château-Gontier ne blanchissent point du tout. C’est parce que le fait n’est pas vrai. On propose en Physique cent questions de cette nature. Le blanchiment de Château-Gontier est précisément le premier de tous, & les cires de ce blanchiment sont en conséquence choisies pour les plus beaux ouvrages. Il en faut croire Pomet & Savary.

En fondant la cire blanche avec un peu de térébenthine, on en fait la cire jaune molle, qu’on employe en chancellerie. On la rougit avec du vermillon, ou la racine d’orcanette ; on la verdit avec du verd-de-gris ; on la noircit avec du noir de fumée : ainsi on la colore comme on veut, & on la rend propre à gommer avec de la poix grasse.

Il est certain que cette substance visqueuse réunit diverses qualités qui lui sont particulieres. Elle n’a rien de desagréable ni à l’odorat, ni au goût ; le froid la rend dure & presque fragile, & le chaud l’amollit & la dissout : elle est entierement inflammable, & devient presque aussi volatile que le camfre par les procédés chimiques. Voy. Cire en Chimie, Pharmacie, Matiere medicale.

Elle est devenue d’une si grande nécessité dans plusieurs arts, dans plusieurs métiers, & dans la vie domestique, que le débit qui s’en fait est presque incroyable ; sur-tout aujourd’hui qu’elle n’est plus uniquement réservée pour l’autel & pour le Louvre, & que tout le monde s’éclaire avec des bougies, l’Europe ne fournit point assez de cire pour le besoin qu’on en a. Nous en tirons de Barbarie, de Smyrne, de Constantinople, d’Alexandrie, & de plusieurs îles de l’Archipel, particulierement de Candie, de Chio & de Samos, & l’on peut évaluer dans ce seul royaume la consommation de cette cire étrangere, à près de dix mille quintaux par année.

Aussi le luxe augmentant tous les jours en France la grande consommation de la cire des abeilles, quelques particuliers ont proposé d’employer pour les cierges & les bougies, une cire végétale de Mississipi que le hasard a fait découvrir, & dont on a la relation dans les mém. de l’acad. des Scienc. an. 1722. & 1725. Voici ce que c’est.

De la cire de la Loüisiane. Dans tous les endroits tempérés de l’Amérique septentrionale, comme dans la Floride, à la Caroline, à la Loüisiane, &c. il y a un petit arbrisseau qui croît à la hauteur de nos cerisiers, qui a le port du myrthe, & dont les feuilles ont aussi à-peu-près la même odeur. Ces arbres portent des graines de la grosseur d’un petit grain de coriandre dans leur parfaite maturité, vertes au commencement, ensuite d’un gris cendré ; ces graines renferment dans leur milieu un petit noyau osseux, assez rond, couvert d’une peau verte chagrinée, & qui contient une semence. Ce noyau est enveloppé d’une substance visqueuse, qui remplit tout le reste de la graine ou fruit : c’est-là la cire dont il s’agit. Cette cire est luisante, seche, friable, disposée en écailles sur la peau du noyau.

Il est très-aisé d’avoir cette cire : il n’y a qu’à faire bouillir des graines dans une quantité suffisante d’eau, & les écraser grossierement contre les parois du vaisseau pendant qu’elles sont sur le feu ; la cire se détache des graines qui la renfermoient, & vient nager sur la superficie de l’eau. On la ramasse avec une cuillere, on la nettoye en la passant par un linge, & on la fait fondre de nouveau pour la mettre en pain.

Plusieurs personnes de la Loüisiane ont appris par des esclaves sauvages de la Caroline, qu’on n’y brûloit point d’autre bougie que celle qui se fait de cette cire. Dans les pays fort chauds où de la chandelle de suif se fondroit par la trop grande chaleur, il est sans comparaison plus commode d’avoir de la bougie, & celle-là seroit à bon marché, & toute portée dans les climats de l’Amérique qui en auroient besoin.

Un arbrisseau bien chargé de fruit, peut avoir en six livres de graine & une livre de fruit, un quart de livre de cire. Il est difficile de déterminer au juste combien un homme pourroit ramasser de graines en un jour ; parce que ces arbres qui croissent sans culture & sans art, sont répandus çà & là, tantôt plus tantôt moins écartés les uns des autres, selon que différens hasards les ont semés : cependant l’on juge à-peu-près, qu’un homme ramasseroit aisément en un jour seize livres de graines, ce qui donneroit quatre livres de cire. Cette grande facilité, qui deviendroit beaucoup plus grande par des plantations régulieres de ces arbres, & le peu de frais qu’il faut pour tirer la cire, seroit fort à considérer si cette matiere devenoit un objet de commerce.

La cire qui se détache par les premieres ébullitions est jaune, comme celle qui vient de nos abeilles ; mais les dernieres ébullitions la donnent verte, parce qu’alors elle prend la teinture de la peau dont le noyau est couvert. Toute cette cire est plus seche & plus friable que la nôtre. Elle a une odeur douce & aromatique assez agréable.

Nous avons vû à Paris des bougies vertes de cette cire, que le ministre avoit reçues du Mississipi, & qui étoient fort bonnes. Le tems nous apprendra si l’on regarde la matiere de ces bougies comme un objet assez considérable de commerce, pour nous dispenser de tirer des cires des pays étrangers, autant que nous le faisons pour notre consommation de cierges & de bougies.

De la cire des îles Antilles. On trouve aux îles Antilles dans des troncs d’arbres une cire assez singuliere, formée en morceaux ronds ou ovales de la grosseur d’une noix muscade. Cette cire est l’ouvrage d’abeilles plus petites, plus noires, & plus rondes que celles de l’Europe. Elles se retirent dans le creux des vieux arbres, où elles se fabriquent des especes de ruches de la figure d’une poire, dans le dedans desquelles elles portent toûjours un miel liquide de couleur citrine, de la consistance de l’huile d’olive, d’un goût doux & agréable. Leur cire est noire, ou du moins d’un violet foncé. Nous n’avons pas pû parvenir au secret de la blanchir, de la faire changer de couleur, ni de la rendre propre à la fabrique des bougies, parce qu’elle est trop molle. Les Indiens après l’avoir purifiée, s’en servent à en faire des bouchons de bouteilles : ils en font aussi de petits vaisseaux, dans lesquels ils recueillent le baume de Tolu, quand il découle par incision des arbres qui le répandent.

De la cire de la Chine. La cire blanche de la Chine est différente de toutes celles que nous connoissons, non-seulement par sa blancheur que le tems n’altere point, mais encore par sa texture : on diroit qu’elle est composée de petites pieces écailleuses, semblables à celles du blanc de baleine, que nous ne saurions mettre en pains aussi fermes que les pains de cire de la Chine. Autre singularité de la cire blanche de la Chine ; c’est qu’elle n’est point l’ouvrage des abeilles : elle vient par artifice de petits vers, que l’on trouve sur un arbre dans une province de cet empire. Ils se nourrissent sur cet arbre ; on les y ramasse, on les fait bouillir dans de l’eau, & ils forment une espece de graisse, qui étant figée, est la cire blanche de la Chine, sur laquelle il nous manque bien des détails. Art. de M. le Chevalier de Jaucourt.

Cire, (Chimie, Pharm. & Mat. médic.) La premiere considération chimique sur la cire, c’est la théorie de son blanchissage, fondée sur la solubilité par la rosée ou par l’eau, de la partie colorante qui peut être aussi détruite ou volatilisée par les rayons du soleil & par l’air.

La cire distillée sans intermede, se résout en une matiere huileuse qui se fige à mesure qu’elle tombe dans le récipient, & qui est connue sous le nom de beurre de cire, & en un acide assez fort : ces produits ont une odeur très-forte & très-desagréable. Le beurre perd une partie de cette odeur & sa consistance, par des rectifications réitérées qui le portent enfin à l’état de fluidité des huiles ordinaires ; on sépare de ce beurre par chaque rectification, une petite portion d’acide ; d’où l’on peut conclure que c’est à la présence de ce principe que le beurre de cire doit sa consistance. La cire blanche distillée sans intermede, ne laisse presque point de résidu ; c’est le charbon de la matiere qui colore la cire jaune, qui augmente le résidu de la distillation de cette derniere.

On peut déduire assez raisonnablement de cette observation seule, que la cire est un composé d’huile & d’acide ; ce qui la fait rapporter par quelques chimistes, à la classe des matieres balsamiques & résineuses, dont elle differe pourtant par son insolubilité dans l’esprit-de-vin, & par l’odeur de ses produits.

La cire distillée avec le sable, ou avec tout autre intermede terreux, présente des phénomenes bien différens de ceux de la distillation sans intermede de la même substance. Cette différence a été peu observée par les Chimistes, qui n’ont décrit la plûpart que l’un ou l’autre de ces procédés. Lémeri, qui fait mention des deux, ne l’a pas apperçûe entierement. En un mot, la théorie de la distillation de la cire & des différences que les intermedes & quelques autres circonstances absolument indéterminées jusqu’à présent portent dans les produits de cette opération ; cette théorie, dis-je, n’a pas été donnée jusqu’à présent. Voyez Intermede.

Le beurre & l’huile de la cire sont employés extérieurement avec succès pour les engelures, les crevasses, & les gersures du sein, des levres, des mains, pour les dartres vives, & surtout pour les brûlures.

Les usages pharmaceutiques de la cire sont très-étendus ; elle entre dans la plûpart des onguens & des emplâtres, dans quelques baumes : c’est la cire qui fait la base des cérats, qui sont des préparations auxquelles elle donne son nom. Voyez Cerat. (b)

* Cire à cacheter. Il faudra se pourvoir d’abord d’une plaque de marbre, avec une planche bien lisse, ou polissoire de ciergier ; ou plûtôt d’une table quarrée, percée dans son milieu d’une ouverture : on couvrira l’ouverture d’une plaque de fer ou de cuivre bien unie : on tiendra sous cette plaque du feu allumé ; & quand la plaque aura pris une chaleur convenable, on l’arrosera avec de l’huile d’olive, on y portera la matiere de la cire à cacheter toute préparée, ensorte qu’il n’y ait plus qu’à la mettre en bâtons bien égaux & bien unis, soit ronds, soit applatis : ce qu’on exécutera en la roulant avec la polissoire ou les mains contre la plaque chaude, jusqu’à ce qu’on l’ait étendue & réduite à la grosseur qu’on veut lui donner. Plus on la travaillera sur la plaque, plus on la rendra compacte, & meilleure elle sera. On rendra les bâtons ou canons de cire luisans, en les exposant à un feu modéré sur un réchaud. Il y en a qui jettent la composition dans des moules, d’où les bâtons sortent faits & polis ; d’autres, qui les font à la main sur la plaque, les vernissent avec une plume qu’ils trempent dans du cinnabre mêlé avec de la poix-résine fondue. Quant à la préparation de la cire, voici comment on s’y prendra selon les différentes couleurs.

Cire à cacheter rouge. Prenez de gomme lacque, demi-once ; térébenthine, deux gros ; colophone, deux gros ; cinnabre, une drachme ; minium, une drachme. Faites fondre sur un feu doux, dans un vaisseau bien net, la gomme lacque & la colophone : ajoûtez alors la térébenthine, puis le cinnabre & le minium peu-à-peu ; triturez le tout avec soin, & le mettez en bâtons.

Ou prenez de gomme lacque, six gros ; de térébenthine ou de colophone, de chacun deux gros ; de cinnabre & de minium, de chacun une demi-drachme ; & achevez comme ci-dessus.

Ou prenez de gomme lacque, une demi-once ; de colophone & de térébenthine de Venise, de chacune une drachme ; de cinnabre, une demi-drachme.

Ou prenez de gomme lacque, un quarteron ; de gomme animé, deux onces ; de cinnabre, une once ; de gomme gutte, demi-once. Commencez par bien broyer ensemble les deux dernieres matieres ; achevez le reste comme ci-dessus.

Ou prenez de colophone, deux onces ; de gomme lacque, quatre onces ; de poix-résine, une once & demie ; de cinnabre, à volonté.

Ou prenez de mastic, une once ; de soufre pur & de térébenthine, de chacun deux gros ; de benjoin, deux gros ; de cinnabre, à volonté. Faites fondre la térébenthine, ajoûtez-y le soufre pulvérisé, broyez & mêlez exactement le mastic, le benjoin, & le cinnabre ; jettez petit-à-petit ce second mêlange dans le premier : quand ils seront bien fondus & incorporés, mettez en bâtons.

Ou prenez de gomme lacque, une demi-once ; de colophone, une drachme : broyez ces deux matieres ; ajoûtez une quantité convenable de cinnabre ; arrosez le mêlange d’esprit-de-vin bien rectifié : la gomme lacque se dissoudra en partie ; mettez le tout sur un feu modéré ; faites prendre feu à l’esprit-de-vin ; remuez bien le mêlange jusqu’à ce que l’esprit-de-vin soit entierement consumé ; faites des bâtons, observant d’ajoûter un peu de musc, si vous voulez que la cire soit odoriférante.

Cire verte. Prenez de gomme lacque & colophone, de chacune démi-once ; de térébenthine, une drachme ; de verd-de-gris bien pulvérisé, trois drachmes.

Ou prenez de cire vierge jaune, quatre parties ; de sandarac & d’ambre, de chacun deux parties ; de crayon rouge, une demi-partie ; de borax, un huitieme ; de verd-de-gris, trois parties. Il faut bien pulvériser toutes ces matieres.

Cire jaune d’or. Prenez de poix-résine blanche, deux onces ; de mastic & de sandarac, de chacun une once ; d’ambre, une demi-once ; deux gros de gomme gutte ; & procédez comme ci-dessus. Si au lieu de mastic & de sandarac, on prend de la gomme lacque, & qu’on omette la gomme gutte, on aura une cire brune, dans laquelle on pourra mêler de la poudre d’or.

Cire noire. Prenez une des compositions précédentes, & substituez soit au verd-de-gris, soit au cinnabre, le noir d’Imprimeur. Voy. l’art de la Verrerie de Kunckel, &c.

Cire du Roi, (Jurispr.) dans les anciennes ordonnances, signifie le sceau ou l’émolument du sceau. Voyez Tessereau, hist. de la chancellerie, tome I. Nos rois ont hérité de la cire jaune de la seconde race, aussi bien que du droit de l’empire. Ils scellent en cire rouge comme les anciens barons, aux droits desquels ils sont pour certaines seigneuries : telles que la Provence & le Dauphiné. Traité de la pairie, pag. 121.

Les lettres de concession à perpétuité, doivent être scellées de cire verte ; celles de concession à tems, scellées de cire blanche. Préface du III. tome des ordonnances de la troisieme race, page 8. Voyez Sceau.

Suivant une ordonnance de Philippe V. du deux Juin 1319, de toutes les ventes de bois que faisoient les maîtres particuliers, les marchands devoient payer entre autres choses une livre de cire ; & toute la cire provenant de ces ventes, étoit destinée pour l’hôtel du roi & celui de la reine. Ce droit a été révoqué par l’ordonnance des eaux& forêts, tit. xv. art. 15. (A)

Cire des églises, (Jurispr.) c’est à la fabrique des églises paroissiales à fournir toute la cire nécessaire pour la célébration de l’office paroissial & des messes & services de fondation. Au défaut des revenus de la fabrique, c’est au gros-décimateur, chargé de la portion congrue, à fournir la cire nécessaire.

Les cierges que l’on allume à l’autel, ceux que l’on porte à l’offrande, que l’on met sur les pains bénis, & que l’on met autour des corps aux enterremens & pompes funebres, appartiennent au curé, à moins qu’il n’y ait quelque usage ou accord contraire, pour les partager entre le curé & la fabrique.

Les parens ne peuvent remporter la cire qui sert aux convois & pompes funebres, à moins qu’il n’y ait usage & possession contraires.

Le curé doit fournir la cire nécessaire pour les messes de dévotion, que la fabrique n’est pas chargée de faire acquitter. Voyez la déclaration du 30 Juin 1690 sur les portions congrues, & le dictionn. de Brillon, au mot cire. (A)

Cire, (Fonderie, soit en statue équest. soit de cloch.) Les Fondeurs en bronze font un modele de leur ouvrage en cire, tout-à-fait semblable au premier modele de plâtre. On donne à la cire l’épaisseur qu’on veut donner au bronse : car lorsque dans l’espace renfermé par ces cires, on a fait l’armature de fer & le noyau, & qu’elles ont été recouvertes par-dessus du moule de potée & de terre, on les retire par le moyen du feu qui les rend liquides, d’entre le moule de potée & le noyau ; ce qui forme un vuide que le bronze occupe. Voyez Fonderie.

Les anciens ne prenoient point la précaution de faire le premier moule de plâtre, par le moyen duquel on donne à la cire une épaisseur égale : après avoir fait leur modele avec de la terre à potier préparée, ou du plâtre, ils l’écorchoient ; c’est-à-dire qu’ils en ôtoient tout autour l’épaisseur qu’ils vouloient donner au bronze, de sorte que le modele devenoit le noyau : & après l’avoir bien fait cuire, ils le recouvroient de cire qu’ils terminoient, & sur laquelle ils faisoient le moule de potée dans lequel le métal devoit couler. On se sert encore quelquefois de cette méthode pour les bas reliefs & les ouvrages dont l’exécution n’est pas difficile : mais quoiqu’elle soit plus expéditive, elle jette pour les grands ouvrages dans plusieurs inconvéniens.

La cire qu’on employe pour le modele, doit être d’une qualité qui ayant assez de consistance pour se soûtenir & ne pas se fondre à la grande chaleur de l’été, ait cependant assez de douceur pour qu’on la puisse aisément réparer. On met sur cent livres de cire jaune dix livres de térébenthine commune, dix livres de poix grasse, & dix livres de saindoux. On fait fondre le tout ensemble à un feu modéré, observant de ne pas faire bouillir la cire, ce qui la rendroit écumeuse & empêcheroit de la réparer proprement. Voyez, pour la maniere d’employer cette composition, les mots Bronze, Cloche, &c.