Jour du sapin

Jour du Sapin.

Lundi 4 novembre 2017, c’est le jour du sapin. Nous sommes le 14 frimaire de l’an 226 de la République, et c’est le jour du sapin.

Cet arbre est de la famille des conifères et du genre pin. Ce genre se distingue par la disposition des feuilles et par la direction des cônes qui regardent le ciel ou la terre. La pointe des cônes du sapin est ainsi dirigée.

Cet arbre forme des forêts dans les pays de montagne ; il aime l’ombre, et le soleil nuit à sa croissance ; il s’élève à une grande hauteur. Par son volume et son utilité, il peut être mis au premier rang des arbres forestiers.

Le sapin aime les pays froids et languit dans les pays chauds ; il entre dans la fabrique des plus grands vaisseaux ; à vingt ans il peut servir pour faire des chevrons ; à trente d’excellentes poutres ; on en fait de très-bonnes planches qui sont transparentes quand elles n’ont qu’une ligne d’épaisseur ; le bois est bon à brûler ; mais il répand une odeur forte ; la résine qu’il contient rend les jeunes branches fendues propres à servir de flambeaux ; on les appelle dans les départements méridionaux Tedes du mot latin Taeda. Il fait de bon charbon.

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Un de ses plus importans produits est sa résine.

On la tire par des incisions faites à l’écorce de l’arbre, on la fond à un feu doux, on l’exprime dans des sacs de toile et on la reçoit dans des barils. On l’appelle dans cet état poix de Bourgogne, avec du noir de fumée, elle donne la poix noire. Elle sert aux cordonniers pour poisser leur fil, on la fond pour boucher des bouteilles, on la nomme vulgairement poix-résine.

Cette matière fondue avec du vinaigre devient sèche et brune, et forme la colophane dont on se sert pour dégraisser l’archet des instrumens à cordes.

En la brûlant et en condensant la fumée, on obtient cette suie fine employée dans la peinture sous le nom de noir de fumée.

Jour du raifort

Agenda républicain

Aujourd’hui 2 décembre 2017, nous sommes aussi le 12 frimaire 226. Jour du raifort.

C’est la racine d’une plante crucifère, la silique est articulée et terminée par une corne arrondie.

On cultive cette plante pour sa racine qui se sert au commencement du dîner afin d’exciser l’appétit ; les botanistes l’appellent radix cultivé ; on le nomme vulgairement raifort cultivé ou raifort des Parisiens.

Il faut bien distinguer cette plante de celle appelée improprement raifort sauvage qui est une espèce de cochléaria.

Raifort dans l’encyclopédie du grand Diderot

raifort 12 frimaire

RAIFORT, s. m. (Hist. nat. Botan.) raphanus, genre de plante à fleur en croix, composée de quatre pétales. Le pistil sort du calice, & devient dans la suite un fruit ou une silique en forme de corne, épaisse, & d’une substance spongieuse, qui renferme deux rangées de semences arrondies. Ces rangées sont séparées l’une de l’autre par une pellicule très-mince. Tournefort, Inst. rei herb. Voyez Plante.

Les racines du raifort sont assez longues, blanches en-dedans, d’un rouge vif en-dehors, & d’un goût moins piquant que le radis ; mais pour décrire cette plante en botaniste, il faut nécessairement abandonner les mots du vulgaire, & se servir des termes de l’art : ainsi, pour instruire le lecteur, nous le renvoyons au mot latin Raphanus, & au mot françois Rave ; car dans Paris même on confond le raifort avec la rave. (D. J.)

Raifort d’eau, (Botan.) espece de cresson ou de sisymbrium. Voyez Sisymbrium, Botan.

Raifort sauvage, (Diet. & Mat. méd.) grand raifort, grand raifort sauvage, cram, mouterdelle ; les feuilles de cette plante sont en usage en Médecine, mais sa racine l’est beaucoup davantage. Les gens de la campagne mangent cette derniere partie dans plusieurs pays. Elle est si âcre qu’il n’y a que les estomacs les plus forts, & les tempéramens les moins irritables à qui elle puisse convenir comme véritable aliment. On la rape dans plusieurs provinces d’Allemagne, & l’on en fait une espece d’assaisonnement pour les viandes, dont on se sert comme nous faisons de la moutarde ; aussi cette racine est-elle connue sous le nom de moutarde des Allemands. On emploie plus communément le raifort sauvage à titre de remede. Cette plante qui est de la classe des cruciferes de Tournefort, est une des celles dont l’alkali volatil spontané est le plus abondant & le plus développé ; elle tient par conséquent un rang distingué parmi les anti-scorbutiques alkalins. Elle est parfaitement analogue non-seulement quant aux qualités absolues, mais même quant au degré d’activité, au cochlearia. Elle est plus forte que le cresson, que la passerage, & même que la moutarde. Voyez tous ces articles, & sur-tout Cochlearia. On retire comme de cette dernière plante, des feuilles & des racines du raifort sauvage une eau distillée qui a aussi les mêmes vertus. Cette eau distillée est d’ailleurs éminemment recommandée comme un puissant diurétique. Sa dose ordinaire est d’environ quatre onces. On la mêle, selon les indications, avec du petit lait, avec du vin blanc, avec un bouillon, ou avec un aposème approprié. Le suc de la racine donné de la même manière & à la même dose est encore meilleur. Ces remèdes sont regardés comme une sorte de spécifique contre l’hydropisie & le rhumatisme, & ils réussissent en effet assez souvent dans le traitement de ces maladies. On les donne aussi avec succès dans l’asthme humide, & dans toutes les affections vraiment catharrales de la poitrine. On peut corriger le goût piquant du suc, & châtrer ou modérer son activité, en le réduisant sous forme de sirop, qu’on doit préparer par le bain-marie, comme le sirop anti-scorbutique de la pharmacopée de Paris dont cette racine est un ingrédient.

La racine du grand raifort sauvage entre encore dans la composition du vin anti-scorbutique, de l’eau antiscorbutique & de l’eau générale de la pharmacopée de Paris. Les feuilles & les racines entrent dans l’emplâtre diabotanum. (b)

Raifort, (Diete & Mat. médic.) raifort cultivé ou des jardins, rave des Parisiens, raifort ou rave des Parisiens rouge, raifort blanc, gros raifort blanc du Languedoc, où il est appelé rabé de segairé, c’est-à-dire, rave ou raifort de Meissonneur, radis blanc & radis noir.

C’est à une seule espece de plante qu’appartiennent les différentes racines désignées par ces différens noms ; elles ne sont que des variétés de la racine de raifort cultivé : les unes & les autres ont outre ces différences prises de leur forme & de la couleur de leur peau, d’autres variétés aussi accidentelles, fondées principalement sur leur diverse grosseur, sur la différente vivacité de leur goût, & enfin sur ce que leur tissu est plus ou moins dense, plus ou moins fibreux, plus ou moins succulent, fondant ou rempli d’eau ; mais tout cela ne met que très-peu de différences réelles entre les qualités diététiques & médicamenteuses de toutes ces racines, on peut les considérer comme une seule & unique matiere.

Le raifort tendre, tel qu’il est toujours quand il a été cultivé dans un terrein léger & assidument arrosé, & qu’on le cueille avant qu’il ait poussé sa tige, est un aliment très-agréable qui réveille par son goût vif l’appétit & le jeu des organes de la digestion, en même tems qu’il imprime à tous ces organes un sentiment de fraîcheur très-agréable par l’abondance de son eau ; c’est un alkali volatil spontané qui constitue le piquant de son goût : mais ce principe étant noyé dans une très-grande quantité d’eau, ne produit l’effet échauffant qui lui est propre que dans les sujets les plus sensibles, ou lorsqu’on mange des raiforts avec excès, sans les mêler avec d’autres alimens, ou enfin lorsqu’on mange ceux qui sont les plus piquans, ou ce qu’on appelle vulgairement les plus forts. Ces derniers ne sont bons que pour les estomacs vigoureux des paysans & des manœuvres ; mais tout bon estomac d’un sujet ordinaire de tout âge & de tout état digere très-bien plusieurs douzaines de petites raves de Paris, où elles sont douces & d’ailleurs excellentes, sur-tout lorsqu’on les mange pendant le repas, en les entremêlant avec les alimens ordinaires. Celles-là même pourroient plutôt nuire comme crudité aux estomacs foibles qui craignent les crudités, elles ne sont pas propres non plus aux personnes qui sont très-sujettes aux coliques venteuses ; le raifort est réellement un peu venteux.

L’usage des raiforts entiers, c’est-à-dire mangés à l’ordinaire, peut être regardé au contraire comme vraiment médicamenteux, & très-utile pour aider la digestion dans les estomacs paresseux & sujets aux congestions de sucs acides, par exemple, chez les mélancoliques : cet aliment est encore éminemment propre aux scorbutiques. Voyez Scorbut.

Le suc de raifort cultive est un diurétique des plus éprouvés, qu’on emploie fort communément & avec succès toutes les fois que les puissans diurétiques sont indiqués, dans le traitement de l’hydropisie, les affections des voies urinaires, de l’asthme, &c. la dose ordinaire est de trois à quatre onces prises le matin à jeun pendant quelques jours consécutifs. On édulcore quelquefois ce suc avec le sucre, ou quelque sirop approprié, & principalement lorsqu’on l’ordonne contre l’asthme.

On pourroit retirer par la distillation une eau & un esprit de raifort qui seroient fort analogues quant à leurs vertus absolues, aux mêmes produits du cochlearia, du cresson, du raifort sauvage, &c. mais comme ceux du raifort seroient très-inférieurs en degré de concentration, & par conséquent d’activité à ces dernieres substances, qu’on peut d’ailleurs affoiblir au besoin autant qu’on veut, on n’emploie point ordinairement l’eau ni l’esprit de raifort.

Les semences de raifort s’emploient aussi quelquefois en Médecine, mais fort rarement ; elles contiennent les mêmes principes médicamenteux que la racine ; mais comme ces semences sont peu succulentes, il faut les écraser dans de l’eau, ou dans une liqueur aqueuse, les y laisser macérer pendant une heure, & les exprimer ; la liqueur qui provient de cette opération équivaut à-peu près au suc de la racine.

Jour de la cire

Agenda républicain

Vendredi 1er décembre 2018 est aussi le 11 Frimaire 226 de la République.

Dans le calendrier républicain, c’est aussi le jour de la Cire.

Quoiqu’on ne puisse douter que cette substance vient des étamines des fleurs, il est cependant démontré qu’elle reçoit dans le corps de l’Abeille une élaboration particulière. On ne peut faire une cire flexible avec la poussière des anthères.

Quand les gâteaux ont bien été égoûtés et pressés, on les met dans l’eau pour laver la cire ; on la fait fondre et on la passe dans un linge pour en retirer tous les corps étrangers. On la fait tomber dans l’eau, elle surnage et se réduit en lames minces, on l’expose ainsi sur des toiles, à la rosée qui le blanchit ; cette opération de la fonte et du blanchiment de la cire se répète trois fois ; elle a acquis alors toute la blancheur dont elle est susceptible, on l’appelle cire-vierge.

La cire chauffée à un feu doux forme encore, en la laissant, un fluide huileux et transparent. Elle redevient solide par le refroidissement ; lorsqu’on la chauffe avec le contact de l’air, elle s’allume et se volatilise ; c’est l’effet que produit la mèche dans la bougie. La cire-vierge outre son usage pour éclairer, sert dans la parfumerie et la pharmacie pour la préparation des pommades, des onguens, de emplâtres et des cérats ; on en fait des torches et des bougies de toutes espèces.

La cire jaune est celle qui est employée telle qu’elle sort de la ruche ; on s’en sert pour cirer les appartemens, et pour des bougies grossières. On peut aussi colorer la blanche en broyant d’abord à l’huile, la couleur qu’on veut lui donner et en les fondant ensemble : c’est ainsi que se font les cires rouges, vertes, etc. , pour les sceaux. La cire de commissaire qu’on employe pour l’application des scellés est un mélange de cire, de vermillon broyé à l’huile et de poix grasse qui l’entretient toujours dans un état de mollesse. La cire mêlée au ducre-candi forme une pâte propre à prendre l’empreinte des pierres gravées. On modèle en cire, toutes sortes de statues et de figures. On en enduit des étoffes de toile ou de soie pour les rendre imperméables à la pluie, mais il y faut toujours mêler de l’huile pour que cet enduit ne soit pas cassant.

On connoît une espèce de Myrica. Le Myrica Cerifère dont les baies fournissent une substance analogue à la cire, ce qui lui a fait donner le nom d’arbre à cire.

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Dans l’encyclopédie de Diderot :

CIRE, s. f. (Hist. nat.) matière tirée des végétaux, & élaborée dans le corps d’un animal. Les abeilles transforment en cire les poussières des étamines des plantes ; car les pelotes qu’elles forment avec cette poussière, et qu’elles rapportent dans la ruche, comme il a été dit à l’article de l’Abeille, & que l’on appelle de la cire brute, n’est pas de la vraie cire ; elle ne se ramollit ni ne se fond lorsqu’elle est échauffée ; elle tombe au fonds de l’eau, au lieu de surnager, etc. Il faut, pour que cette matière devienne de la vraie cire, que les abeilles la mâchent, l’avalent, & la digèrent. On a vu à l’article Abeille, que ces insectes ont une bouche, des dents, une langue, & un estomac, c’est-à-dire des organes propres à toutes ces opérations. Lorsqu’une abeille arrive à la ruche avec des pelotes de cire brute, elle la mange quelquefois avant que d’entrer, mais pour l’ordinaire elle va sur les gâteaux en battant des ailes. Alors trois ou quatre autres abeilles viennent auprès de celle qui arrive, & mangent les pelotes dont elle est chargée. On prétend les avoir vues distinctement mâcher & avaler ; mais ce qui est encore plus certain, c’est qu’on a trouvé dans leur estomac & leurs intestins, de la cire brute bien reconnaissable par les grains de la poussière des étamines dont elle est composée. Lorsque les abeilles apportent plus de cire brute qu’elles n’en peuvent manger, alors elles la déposent dans des alvéoles, où il n’y a ni ver ni miel ; & dès qu’un de ces insectes y a fait tomber les deux pelotes dont il était chargé, il en vient un autre qui les étend dans l’alvéole, & quelquefois c’est le même qui les a apportées. Non seulement ils les rangent, mais encore ils les pétrissent, & les imbibent d’une liqueur qui paraît être du miel, parce qu’après cette opération la cire brute en a le goût ; c’est peut-être ce qui la conserve sans altération. On trouve dans les ruches des parties de gâteaux assez grandes, dont les cellules sont toutes remplies de cire brute. Il y en a aussi qui sont dispersées ou placées entre d’autres cellules, qui contiennent du miel ou des vers. Enfin les abeilles mangent la cire brute lorsqu’elles l’ont apportée dans la ruche, ou elles la déposent dans des alvéoles pour la manger dans un autre tems ; mais on croit qu’il faut qu’elles la digèrent pour la convertir en vraie cire, qu’une partie sert à la nourriture de l’insecte, qu’une autre sort par l’anus en forme excréments, et que le reste revient par la bouche, & est employé à la construction des alvéoles, voyez Alvéole. On a vu une liqueur mousseuse, ou une espèce de bouillie, sortir de la bouche dans le temps que l’abeille travaille à faire une cellule ; cette pâte se sèche dans un instant, c’est de la vraie cire. On prétend que les abeilles ne peuvent plus employer la cire dès qu’elle est entièrement sèche. Aussi lorsqu’on leur en présente auprès de leur ruche, elles ne s’en chargent pas, mais elles recherchent tout le miel qui peut y être mêlé ; elles hachent quelquefois la cire par morceaux, & ne l’abandonnent que lorsqu’elles en ont enlevé tout le miel ; et s’il n’y en avait point, elles ne toucheraient pas à la cire. Lorsqu’on fait passer des abeilles dans une nouvelle ruche entièrement vide, et qu’on les y renferme au commencement du jour, avant qu’elles aient pu ramasser de la cire brute, on trouve le soir des gâteaux de cire dans la nouvelle ruche. Il y a tout lieu de croire que la cire dont ces gâteaux sont formés, est venue de la bouche de ces insectes, en supposant qu’ils n’ont point apporté de cire brute attachée à leurs jambes. Cette matière éprouve des changements dans l’estomac, puisque la cire des alvéoles est blanche, quoique les pelotes de cire brute que les abeilles apportent dans la ruche soient de différentes couleurs, blanches, jaunes, orangées, rougeâtres, vertes. Les alvéoles nouvellement faits sont blancs, & ils jaunissent avec le temps & par différentes causes. Mais lorsqu’ils sont nouveaux, la teinte est à-peu-près la même dans toutes les ruches ; s’il s’en trouve de jaunâtre, on peut croire que cette couleur vient d’une mauvaise digestion de la cire brute, que l’on a attribuée à un vice héréditaire que toutes les abeilles d’une ruche tiennent de leur mère commune. Ce qu’il y a de certain, c’est que toutes les cires ne sont pas également propres à recevoir un beau blanc dans nos blanchisseries. Mém. pour servir à l’histoire des insectes, tom. V. (I)

cire lepeletier de saint fargeau

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97649720/f9.item.r=apis%20mellifera

Cire, (Hist. anc. & mod.) Les hommes détruisent les cellules pour avoir la cire qui les forme, & l’on ne sauroit dire à combien d’usages ils l’ont employée de tout tems. Autrefois on s’en servoit comme d’un moule pour écrire, invention qu’on attribue aux Grecs. Pour cet effet, on faisoit de petites planches de bois à-peu-près comme les feuillets de nos tablettes, dont les extrémités tout-à-l’entour étoient revêtues d’un bord plus élevé que le reste, afin que la cire ne pût pas s’écouler. On répandoit ensuite sur ces tablettes de la cire fondue, on l’applanissoit, on l’égalisoit, & l’on écrivoit sur cette cire avec un poinçon. C’est pourquoi Plaute dit, dum scribo explevi totas ceras quatuor. Les testamens même s’écrivoient sur de la cire ainsi préparée. De là vient qu’on leur donnoit aussi le simple nom de cera, cire, V. Suetone, dans la vie de César chap. lxxxiij. & dans la vie de Néron, chap. xvij. On se servoit encore de la cire pour cacheter des lettres, & empêcher qu’elles ne fussent lûes ; c’est ce qui paroît par ce joli vers d’Ovide, lib. I. amor.

Cætera fert blanda cera notata manu.
L’on donnoit à cette cire à cacheter toutes sortes de couleurs. Voyez Hein. de sigill. veter. page 1. cap. vj.

Aujourd’hui les particuliers se servent de lacque, voyez Cire à cacheter ; mais les princes, les magistrats, les grands seigneurs, & tous ceux qui ont droit de sceller, font encore usage de la cire d’abeille pour imprimer leurs sceaux, & les attacher aux ordonnances & arrêts qu’ils publient, comme aussi à toutes les patentes & expéditions en chancellerie, que l’on scelle de cire jaune, rouge, verte, dont la consommation à cet égard est très-considérable. V. Cire, Jurisprud. Chauffe-cire, &c.

La cire a autrefois aussi servi dans la Peinture, en lui donnant telle couleur que l’on vouloit, & on en faisoit des portraits qu’on endurcissoit par le moyen du feu ; mais il n’y avoit chez les Romains que ceux qui avoient exercé des magistratures curules qui eussent le droit des images. Seneque nomme ces sortes de Peintures cereas apellineas. Plus les grands pouvoient étaler de tels portraits dans leur vestibule, & plus ils étoient nobles. De là vient que les poëtes se moquent de cette noblesse empruntée.

Nec te decipiant veteri cincta atria cerâ.

dit Ovide, lib. I. amor. eleg. VIII. 65. Et Juvenal encore mieux :

Tota licèt veteres exornent undique ceræ
Atria : nobilitas sola est atque unica virtus.
Satyr. VIII. 19.
Cet art a été poussé fort loin de nos jours. Tout le monde connoît le nom du sieur Benoît, & l’invention ingénieuse de ces cercles composés de personnages de cire, qui ont fait si long-tems l’admiration de la cour & de la ville. Cet homme, peintre de profession, trouva le secret de former sur le visage des personnes vivantes, même les plus belles & les plus délicates, & sans aucun risque, ni pour la santé, ni pour la beauté, des moules dans lesquels il fondoit des masques de cire, auxquels il donnoit une espece de vie, par des couleurs & des yeux d’émail, imités d’après le naturel. Ces figures revêtues d’habits, conformes à la qualité des personnes qu’elles représentoient, étoient si ressemblantes, que les yeux leur croyoient quelquefois de la vie ; mais les figures anatomiques faites en cire par le même Benoît, peuvent encore moins s’oublier que la beauté de ses portraits.

Les modernes ont tellement multiplié les usages de la cire, qu’il seroit difficile de les détailler.

Ils commencent avant toutes choses pour s’en servir, à la séparer du miel par expression, à la purifier, à la mettre en pains que vendent les droguistes. Elle est alors assez solide, un peu glutineuse au toucher, & de belle couleur jaune, qu’elle perd un peu en vieillissant.

Pour la blanchir, on la purifie de nouveau en la fondant, on la lave, on l’expose à l’air & à la rosée : par ces moyens elle acquiert la blancheur, devient plus dure, plus cassante, & perd presque toute son odeur. Sa fonderie & son blanchissage réquierent beaucoup d’art ; les Vénitiens ont apporté cet art en France. Voyez Blanchir.

On demande dans le Ménagiana (tom. III. p. 120) pourquoi les cires de Château-Gontier ne blanchissent point du tout. C’est parce que le fait n’est pas vrai. On propose en Physique cent questions de cette nature. Le blanchiment de Château-Gontier est précisément le premier de tous, & les cires de ce blanchiment sont en conséquence choisies pour les plus beaux ouvrages. Il en faut croire Pomet & Savary.

En fondant la cire blanche avec un peu de térébenthine, on en fait la cire jaune molle, qu’on employe en chancellerie. On la rougit avec du vermillon, ou la racine d’orcanette ; on la verdit avec du verd-de-gris ; on la noircit avec du noir de fumée : ainsi on la colore comme on veut, & on la rend propre à gommer avec de la poix grasse.

Il est certain que cette substance visqueuse réunit diverses qualités qui lui sont particulieres. Elle n’a rien de desagréable ni à l’odorat, ni au goût ; le froid la rend dure & presque fragile, & le chaud l’amollit & la dissout : elle est entierement inflammable, & devient presque aussi volatile que le camfre par les procédés chimiques. Voy. Cire en Chimie, Pharmacie, Matiere medicale.

Elle est devenue d’une si grande nécessité dans plusieurs arts, dans plusieurs métiers, & dans la vie domestique, que le débit qui s’en fait est presque incroyable ; sur-tout aujourd’hui qu’elle n’est plus uniquement réservée pour l’autel & pour le Louvre, & que tout le monde s’éclaire avec des bougies, l’Europe ne fournit point assez de cire pour le besoin qu’on en a. Nous en tirons de Barbarie, de Smyrne, de Constantinople, d’Alexandrie, & de plusieurs îles de l’Archipel, particulierement de Candie, de Chio & de Samos, & l’on peut évaluer dans ce seul royaume la consommation de cette cire étrangere, à près de dix mille quintaux par année.

Aussi le luxe augmentant tous les jours en France la grande consommation de la cire des abeilles, quelques particuliers ont proposé d’employer pour les cierges & les bougies, une cire végétale de Mississipi que le hasard a fait découvrir, & dont on a la relation dans les mém. de l’acad. des Scienc. an. 1722. & 1725. Voici ce que c’est.

De la cire de la Loüisiane. Dans tous les endroits tempérés de l’Amérique septentrionale, comme dans la Floride, à la Caroline, à la Loüisiane, &c. il y a un petit arbrisseau qui croît à la hauteur de nos cerisiers, qui a le port du myrthe, & dont les feuilles ont aussi à-peu-près la même odeur. Ces arbres portent des graines de la grosseur d’un petit grain de coriandre dans leur parfaite maturité, vertes au commencement, ensuite d’un gris cendré ; ces graines renferment dans leur milieu un petit noyau osseux, assez rond, couvert d’une peau verte chagrinée, & qui contient une semence. Ce noyau est enveloppé d’une substance visqueuse, qui remplit tout le reste de la graine ou fruit : c’est-là la cire dont il s’agit. Cette cire est luisante, seche, friable, disposée en écailles sur la peau du noyau.

Il est très-aisé d’avoir cette cire : il n’y a qu’à faire bouillir des graines dans une quantité suffisante d’eau, & les écraser grossierement contre les parois du vaisseau pendant qu’elles sont sur le feu ; la cire se détache des graines qui la renfermoient, & vient nager sur la superficie de l’eau. On la ramasse avec une cuillere, on la nettoye en la passant par un linge, & on la fait fondre de nouveau pour la mettre en pain.

Plusieurs personnes de la Loüisiane ont appris par des esclaves sauvages de la Caroline, qu’on n’y brûloit point d’autre bougie que celle qui se fait de cette cire. Dans les pays fort chauds où de la chandelle de suif se fondroit par la trop grande chaleur, il est sans comparaison plus commode d’avoir de la bougie, & celle-là seroit à bon marché, & toute portée dans les climats de l’Amérique qui en auroient besoin.

Un arbrisseau bien chargé de fruit, peut avoir en six livres de graine & une livre de fruit, un quart de livre de cire. Il est difficile de déterminer au juste combien un homme pourroit ramasser de graines en un jour ; parce que ces arbres qui croissent sans culture & sans art, sont répandus çà & là, tantôt plus tantôt moins écartés les uns des autres, selon que différens hasards les ont semés : cependant l’on juge à-peu-près, qu’un homme ramasseroit aisément en un jour seize livres de graines, ce qui donneroit quatre livres de cire. Cette grande facilité, qui deviendroit beaucoup plus grande par des plantations régulieres de ces arbres, & le peu de frais qu’il faut pour tirer la cire, seroit fort à considérer si cette matiere devenoit un objet de commerce.

La cire qui se détache par les premieres ébullitions est jaune, comme celle qui vient de nos abeilles ; mais les dernieres ébullitions la donnent verte, parce qu’alors elle prend la teinture de la peau dont le noyau est couvert. Toute cette cire est plus seche & plus friable que la nôtre. Elle a une odeur douce & aromatique assez agréable.

Nous avons vû à Paris des bougies vertes de cette cire, que le ministre avoit reçues du Mississipi, & qui étoient fort bonnes. Le tems nous apprendra si l’on regarde la matiere de ces bougies comme un objet assez considérable de commerce, pour nous dispenser de tirer des cires des pays étrangers, autant que nous le faisons pour notre consommation de cierges & de bougies.

De la cire des îles Antilles. On trouve aux îles Antilles dans des troncs d’arbres une cire assez singuliere, formée en morceaux ronds ou ovales de la grosseur d’une noix muscade. Cette cire est l’ouvrage d’abeilles plus petites, plus noires, & plus rondes que celles de l’Europe. Elles se retirent dans le creux des vieux arbres, où elles se fabriquent des especes de ruches de la figure d’une poire, dans le dedans desquelles elles portent toûjours un miel liquide de couleur citrine, de la consistance de l’huile d’olive, d’un goût doux & agréable. Leur cire est noire, ou du moins d’un violet foncé. Nous n’avons pas pû parvenir au secret de la blanchir, de la faire changer de couleur, ni de la rendre propre à la fabrique des bougies, parce qu’elle est trop molle. Les Indiens après l’avoir purifiée, s’en servent à en faire des bouchons de bouteilles : ils en font aussi de petits vaisseaux, dans lesquels ils recueillent le baume de Tolu, quand il découle par incision des arbres qui le répandent.

De la cire de la Chine. La cire blanche de la Chine est différente de toutes celles que nous connoissons, non-seulement par sa blancheur que le tems n’altere point, mais encore par sa texture : on diroit qu’elle est composée de petites pieces écailleuses, semblables à celles du blanc de baleine, que nous ne saurions mettre en pains aussi fermes que les pains de cire de la Chine. Autre singularité de la cire blanche de la Chine ; c’est qu’elle n’est point l’ouvrage des abeilles : elle vient par artifice de petits vers, que l’on trouve sur un arbre dans une province de cet empire. Ils se nourrissent sur cet arbre ; on les y ramasse, on les fait bouillir dans de l’eau, & ils forment une espece de graisse, qui étant figée, est la cire blanche de la Chine, sur laquelle il nous manque bien des détails. Art. de M. le Chevalier de Jaucourt.

Cire, (Chimie, Pharm. & Mat. médic.) La premiere considération chimique sur la cire, c’est la théorie de son blanchissage, fondée sur la solubilité par la rosée ou par l’eau, de la partie colorante qui peut être aussi détruite ou volatilisée par les rayons du soleil & par l’air.

La cire distillée sans intermede, se résout en une matiere huileuse qui se fige à mesure qu’elle tombe dans le récipient, & qui est connue sous le nom de beurre de cire, & en un acide assez fort : ces produits ont une odeur très-forte & très-desagréable. Le beurre perd une partie de cette odeur & sa consistance, par des rectifications réitérées qui le portent enfin à l’état de fluidité des huiles ordinaires ; on sépare de ce beurre par chaque rectification, une petite portion d’acide ; d’où l’on peut conclure que c’est à la présence de ce principe que le beurre de cire doit sa consistance. La cire blanche distillée sans intermede, ne laisse presque point de résidu ; c’est le charbon de la matiere qui colore la cire jaune, qui augmente le résidu de la distillation de cette derniere.

On peut déduire assez raisonnablement de cette observation seule, que la cire est un composé d’huile & d’acide ; ce qui la fait rapporter par quelques chimistes, à la classe des matieres balsamiques & résineuses, dont elle differe pourtant par son insolubilité dans l’esprit-de-vin, & par l’odeur de ses produits.

La cire distillée avec le sable, ou avec tout autre intermede terreux, présente des phénomenes bien différens de ceux de la distillation sans intermede de la même substance. Cette différence a été peu observée par les Chimistes, qui n’ont décrit la plûpart que l’un ou l’autre de ces procédés. Lémeri, qui fait mention des deux, ne l’a pas apperçûe entierement. En un mot, la théorie de la distillation de la cire & des différences que les intermedes & quelques autres circonstances absolument indéterminées jusqu’à présent portent dans les produits de cette opération ; cette théorie, dis-je, n’a pas été donnée jusqu’à présent. Voyez Intermede.

Le beurre & l’huile de la cire sont employés extérieurement avec succès pour les engelures, les crevasses, & les gersures du sein, des levres, des mains, pour les dartres vives, & surtout pour les brûlures.

Les usages pharmaceutiques de la cire sont très-étendus ; elle entre dans la plûpart des onguens & des emplâtres, dans quelques baumes : c’est la cire qui fait la base des cérats, qui sont des préparations auxquelles elle donne son nom. Voyez Cerat. (b)

* Cire à cacheter. Il faudra se pourvoir d’abord d’une plaque de marbre, avec une planche bien lisse, ou polissoire de ciergier ; ou plûtôt d’une table quarrée, percée dans son milieu d’une ouverture : on couvrira l’ouverture d’une plaque de fer ou de cuivre bien unie : on tiendra sous cette plaque du feu allumé ; & quand la plaque aura pris une chaleur convenable, on l’arrosera avec de l’huile d’olive, on y portera la matiere de la cire à cacheter toute préparée, ensorte qu’il n’y ait plus qu’à la mettre en bâtons bien égaux & bien unis, soit ronds, soit applatis : ce qu’on exécutera en la roulant avec la polissoire ou les mains contre la plaque chaude, jusqu’à ce qu’on l’ait étendue & réduite à la grosseur qu’on veut lui donner. Plus on la travaillera sur la plaque, plus on la rendra compacte, & meilleure elle sera. On rendra les bâtons ou canons de cire luisans, en les exposant à un feu modéré sur un réchaud. Il y en a qui jettent la composition dans des moules, d’où les bâtons sortent faits & polis ; d’autres, qui les font à la main sur la plaque, les vernissent avec une plume qu’ils trempent dans du cinnabre mêlé avec de la poix-résine fondue. Quant à la préparation de la cire, voici comment on s’y prendra selon les différentes couleurs.

Cire à cacheter rouge. Prenez de gomme lacque, demi-once ; térébenthine, deux gros ; colophone, deux gros ; cinnabre, une drachme ; minium, une drachme. Faites fondre sur un feu doux, dans un vaisseau bien net, la gomme lacque & la colophone : ajoûtez alors la térébenthine, puis le cinnabre & le minium peu-à-peu ; triturez le tout avec soin, & le mettez en bâtons.

Ou prenez de gomme lacque, six gros ; de térébenthine ou de colophone, de chacun deux gros ; de cinnabre & de minium, de chacun une demi-drachme ; & achevez comme ci-dessus.

Ou prenez de gomme lacque, une demi-once ; de colophone & de térébenthine de Venise, de chacune une drachme ; de cinnabre, une demi-drachme.

Ou prenez de gomme lacque, un quarteron ; de gomme animé, deux onces ; de cinnabre, une once ; de gomme gutte, demi-once. Commencez par bien broyer ensemble les deux dernieres matieres ; achevez le reste comme ci-dessus.

Ou prenez de colophone, deux onces ; de gomme lacque, quatre onces ; de poix-résine, une once & demie ; de cinnabre, à volonté.

Ou prenez de mastic, une once ; de soufre pur & de térébenthine, de chacun deux gros ; de benjoin, deux gros ; de cinnabre, à volonté. Faites fondre la térébenthine, ajoûtez-y le soufre pulvérisé, broyez & mêlez exactement le mastic, le benjoin, & le cinnabre ; jettez petit-à-petit ce second mêlange dans le premier : quand ils seront bien fondus & incorporés, mettez en bâtons.

Ou prenez de gomme lacque, une demi-once ; de colophone, une drachme : broyez ces deux matieres ; ajoûtez une quantité convenable de cinnabre ; arrosez le mêlange d’esprit-de-vin bien rectifié : la gomme lacque se dissoudra en partie ; mettez le tout sur un feu modéré ; faites prendre feu à l’esprit-de-vin ; remuez bien le mêlange jusqu’à ce que l’esprit-de-vin soit entierement consumé ; faites des bâtons, observant d’ajoûter un peu de musc, si vous voulez que la cire soit odoriférante.

Cire verte. Prenez de gomme lacque & colophone, de chacune démi-once ; de térébenthine, une drachme ; de verd-de-gris bien pulvérisé, trois drachmes.

Ou prenez de cire vierge jaune, quatre parties ; de sandarac & d’ambre, de chacun deux parties ; de crayon rouge, une demi-partie ; de borax, un huitieme ; de verd-de-gris, trois parties. Il faut bien pulvériser toutes ces matieres.

Cire jaune d’or. Prenez de poix-résine blanche, deux onces ; de mastic & de sandarac, de chacun une once ; d’ambre, une demi-once ; deux gros de gomme gutte ; & procédez comme ci-dessus. Si au lieu de mastic & de sandarac, on prend de la gomme lacque, & qu’on omette la gomme gutte, on aura une cire brune, dans laquelle on pourra mêler de la poudre d’or.

Cire noire. Prenez une des compositions précédentes, & substituez soit au verd-de-gris, soit au cinnabre, le noir d’Imprimeur. Voy. l’art de la Verrerie de Kunckel, &c.

Cire du Roi, (Jurispr.) dans les anciennes ordonnances, signifie le sceau ou l’émolument du sceau. Voyez Tessereau, hist. de la chancellerie, tome I. Nos rois ont hérité de la cire jaune de la seconde race, aussi bien que du droit de l’empire. Ils scellent en cire rouge comme les anciens barons, aux droits desquels ils sont pour certaines seigneuries : telles que la Provence & le Dauphiné. Traité de la pairie, pag. 121.

Les lettres de concession à perpétuité, doivent être scellées de cire verte ; celles de concession à tems, scellées de cire blanche. Préface du III. tome des ordonnances de la troisieme race, page 8. Voyez Sceau.

Suivant une ordonnance de Philippe V. du deux Juin 1319, de toutes les ventes de bois que faisoient les maîtres particuliers, les marchands devoient payer entre autres choses une livre de cire ; & toute la cire provenant de ces ventes, étoit destinée pour l’hôtel du roi & celui de la reine. Ce droit a été révoqué par l’ordonnance des eaux& forêts, tit. xv. art. 15. (A)

Cire des églises, (Jurispr.) c’est à la fabrique des églises paroissiales à fournir toute la cire nécessaire pour la célébration de l’office paroissial & des messes & services de fondation. Au défaut des revenus de la fabrique, c’est au gros-décimateur, chargé de la portion congrue, à fournir la cire nécessaire.

Les cierges que l’on allume à l’autel, ceux que l’on porte à l’offrande, que l’on met sur les pains bénis, & que l’on met autour des corps aux enterremens & pompes funebres, appartiennent au curé, à moins qu’il n’y ait quelque usage ou accord contraire, pour les partager entre le curé & la fabrique.

Les parens ne peuvent remporter la cire qui sert aux convois & pompes funebres, à moins qu’il n’y ait usage & possession contraires.

Le curé doit fournir la cire nécessaire pour les messes de dévotion, que la fabrique n’est pas chargée de faire acquitter. Voyez la déclaration du 30 Juin 1690 sur les portions congrues, & le dictionn. de Brillon, au mot cire. (A)

Cire, (Fonderie, soit en statue équest. soit de cloch.) Les Fondeurs en bronze font un modele de leur ouvrage en cire, tout-à-fait semblable au premier modele de plâtre. On donne à la cire l’épaisseur qu’on veut donner au bronse : car lorsque dans l’espace renfermé par ces cires, on a fait l’armature de fer & le noyau, & qu’elles ont été recouvertes par-dessus du moule de potée & de terre, on les retire par le moyen du feu qui les rend liquides, d’entre le moule de potée & le noyau ; ce qui forme un vuide que le bronze occupe. Voyez Fonderie.

Les anciens ne prenoient point la précaution de faire le premier moule de plâtre, par le moyen duquel on donne à la cire une épaisseur égale : après avoir fait leur modele avec de la terre à potier préparée, ou du plâtre, ils l’écorchoient ; c’est-à-dire qu’ils en ôtoient tout autour l’épaisseur qu’ils vouloient donner au bronze, de sorte que le modele devenoit le noyau : & après l’avoir bien fait cuire, ils le recouvroient de cire qu’ils terminoient, & sur laquelle ils faisoient le moule de potée dans lequel le métal devoit couler. On se sert encore quelquefois de cette méthode pour les bas reliefs & les ouvrages dont l’exécution n’est pas difficile : mais quoiqu’elle soit plus expéditive, elle jette pour les grands ouvrages dans plusieurs inconvéniens.

La cire qu’on employe pour le modele, doit être d’une qualité qui ayant assez de consistance pour se soûtenir & ne pas se fondre à la grande chaleur de l’été, ait cependant assez de douceur pour qu’on la puisse aisément réparer. On met sur cent livres de cire jaune dix livres de térébenthine commune, dix livres de poix grasse, & dix livres de saindoux. On fait fondre le tout ensemble à un feu modéré, observant de ne pas faire bouillir la cire, ce qui la rendroit écumeuse & empêcheroit de la réparer proprement. Voyez, pour la maniere d’employer cette composition, les mots Bronze, Cloche, &c.

Jour de la pioche

Le 10 Frimaire, soit en 2018 le jeudi 30 novembre, est le jour de la pioche

La Pioche est un instrument de fer recourbé et pointu, attaché à un manche court ; elle sert à piquer la terre dans les endroits où elle est dure, et où il y a des pierres à en retirer.

pioche

D’après l’encyclopédie de Diderot, la pioche est un outil d’ouvrier, outil de fer avec un long manche de bois qui sert aux terrassiers, carriers et maçons, pour remuer la terre, tirer des pierres, frapper, démolir etc. Il y en a de plusieurs sortes : les unes dont le fer a deux côtés, comme un marteau, et un œil au milieu pour l’emmancher, chaque extrémité de cette pioche est pointue. D’autres sortes de pioches s’emmanchent par le bout du fer : toutes deux sont un peu courbes; mais l’une est pointue comme le pic et l’autre que l’on nomme feuille de sauge, a le bout large et tranchant. (D.J.)

pioche diderot

 

 

Jour du Genièvre – 9 frimaire

Aujourd’hui, nous sommes le mercredi 29 novembre 2017; c’est également le 9 Frimaire 226 dans le calendrier républicain, c’est donc le jour du genièvre.

Jour du Genièvre.

C’est le fruit du Genevrier, arbrisseau bien connu et qui croit sauvage ou cultivé dans toute l’Europe ; son tronc s’élève à la hauteur de cinq ou six pieds ; les fleurs sont dioïques, les mâles et les femelles vivent sur des individus différens ; elles forment des chatons auxquels succèdent des baies sphériques qu’on nomme genièvre ou grains de genièvre.

Les Allemands font entrer ces baies dans divers assaisonnemens ; on en fait un vin appellé vin de genièvre, et un ratafiat cordial ; on brûle ses baies pour chasser la mauvaise odeur ; ce bois tendre et léger est d’une belle couleur rouge, les ébénistes en font de jolis petits ouvrages, son écorce est bonne à faire des cordes, son charbon brûle longtems, il en découle une résine recherchée par les fourmis.

Juniperus communis XL

Il y a une variété de genevrier plus élevée qu’on cultive dans les pays chauds ; son bois peut servir pour les constructions ; on en retire une résine qui, dissoute dans l’esprit de vin, fait un beau vernis blanc, et réduite en poudre sert à polir le papier gratté.

Cette substance est connue sous le nom de sandaraque.

L’encens est le produit d’une espèce de génevrier qui croît en Arabie ; et qu’on appelle le génevrier hurifère.

Jour du miel

Le 28 novembre 2017 est le 8 frimaire 226 dans le calendrier républicain. Les conventionnels de l’an 2 ont nommé ce jour, le jour du miel.

8 frimaire 226 – jour du miel.

Le miel ramassé sur les fleurs par les abeilles, paraissait d’abord un produit végétal, mais comme ces insectes lui font subir une élaboration particulière, on le place actuellement parmi les produits animaux. Cependant on le rapproche davantage des produits végétaux. Sa couleur est jaunâtre, sa consistante sirupeuse ; il a une saveur sucrée et aromatique.

Voici comment on se procure cette substance : après avoir rompu une partie des gâteaux, on pose les morceaux sur des claies d’osier, il en découle le miel vierge, ou le miel de goutte, qui est d’un beau blanc et qui se durcit, on met ensuite les gâteaux sous la presse ; ce second miel est moins beau, moins pur, il s’y trouve toujours des insectes écrasés. La meilleure méthode est de laisser longtemps les gâteaux sur des clayons et de leur procurer ensuite une douce chaleur.

jour du miel - 28 novembre

Le miel récolté dans le printemps est le plus estimé, et celui d’été est préférable à celui d’automne. Celui de la commune de Narbonne est le plus recherché. Le miel sert à plusieurs usages, on le regarde comme pectoral : dissous dans l’eau, et mêlé au vinaigre on en fait l’oximel ; il est l’excipient de plusieurs médicaments qui portent son nom, tel que le miel rosat, le miel mercuriel, ect. On le mange aussi avec du pain. Combiné avec de l’orge et du seigle, il forme le pain d’épice, dont on fabrique à Rheims une si grande quantité. Beaucoup de gens le substituent au sucre ; on en retire en effet un vrai sucre, et il passe comme lui à la fermentation spiritueuse ; dans ce dernier état il fait une liqueur nommée hydromel.

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Le miel a été regardé par les anciens qui ignoraient l’usage du sucre comme une des substances les plus précieuses. Selon les poètes, les abeilles en nourrirent Jupiter sur le mont Hymette. Les beaux vers , les discours éloquents avoient la douceur du miel. Aristophane fut, disent-ils, trouvé un jour endormi, des abeilles déposoient leur nid dans sa bouche. Les livres orientaux sont remplis de comparaisons tirées de la douceur du miel. C’est pour avoir rompu le jeûne qu’il devoit observer en prenant un peu de miel au bout d’une baguette, que Jonathas fut, selon la bible, puni de Dieu, qui sûrement ne se fâcha pas pour si peu de chose. Les médailles des villes Grecques où on soignoit des ruches portent une abeille pour empreinte. L’hydromel étoit la boisson des soldats Romains.

 

27 novembre, jour du Chou-fleur

Le 27 novembre, c’est le jour du Chou fleur. Dans le calendrier républicain nous sommes le 7 frimaire.

Le Chou-fleur eest la tête fleurie d’une espèce du genre chou, dont les feuilles radicales sont longues et plus étroites que celles du chou ordinaire ; les feuilles de la tige se rassemblent en boule comme celles du chou pommé ; du milieu de cette boule, s’élève un amas de fleurs naissantes, comme par bouquets. Ces fleurs se développent et portent dessiliques, si on les laisse sur pied ; mais la graine ne réussit guère en France : on la fait venir du Levant. On mange la tige de ces fleurs au jus ou à la sauce blanche, à l’huile ou avec du fromage ; elle communique à l’eau et l’urine une odeur forte et nauséabonde.