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16 PLUVIOSE – Jour du Buis

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Sextidi 16 PLUVIOSE

Jour du Buis.

Sextidi 16, Buis. Il y a deux variété de cette plante, l’une qu’on appelle buis nain, sert à encadrer les parterres ; l’autre a le tronc assez gros et garni de beaucoup de rameaux, c’est celui qu’on employe dans les arts et dont les tourneurs et les tabletiers font des peignes, des boëtes et une infinité de jolis ouvrages.

Les fleurs sont monotiques, c’est-à-dire, que quoique séparés, les mâles et les femelles se trouvent sur le même pied. Les feuilles sont nombreuses, vertes, creusées et d’une saveur désagréable.

On faisoit entrer les rameaux de cet arbre sous le nom de buis beni, dans les cérémonies du dimanche des rameaux, cérémonie renouvellée, comme tant d’autres, de celles du paganisme.

14 PLUVIOSE – Jour de l’ Avelinier

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Quartidi 14 PLUVIOSE

Jour de l’ Avelinier.

Quartidi 14, Avelinier. Nom d’une variété du noisettier qui produit une amande d’un goût plus fin, appelée aveline ; les meilleures viennent des environs de Commune Affranchie. Les avelines s’employent au même usage que les noisettes.

10 Nivôse – Jour du FLEAU

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Decadi 10 Nivôse

Jour du FLEAU.

Decadi 10, FLEAU. Quand les gerbes ont été mises en meules, ou renfermées dans les granges, il faut les battre pour séparer le grain de la paille. Cette opération s’appelle battre en grange, et l’instrument dont le batteur se sert, se nomme fléau. C’est un fort bâton long d’environ deux pieds, arraché par une courroie à un long manche. Les batteurs le laissent tomber sur les épis, l’un après l’autre, en suivant une sorte de mouvement et de cadence, et ils multiplient la force du fléau par la rapidité avec laquelle ils s’en servent. Quand la paille, étendue sur une aire bien dressée, a été battue d’un côté, on la retourne, pour lui faire subir la même opération, et quand l’aire est chargée de trop de grains, on met le grain en tas.

Les anciens ne connoissoient pas le fléau, cet instrument si simple et si utile. Ils séparoient le grain des épis en les rangeant circulairement et en faisant passer dessus des bœufs et même les roues des chars qui, par leur poids, le forçoient à sortir des bâles qui l’enveloppent et le retiennent.

9 Nivôse – Jour du Salpètre

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Nonidi 9 Nivôse

Jour du Salpètre.

Nonidi 9, Salpètre. Ce fel neutre, est le nitre commun, appelé par les chimistes nitrate de potasse ; il est le produit de la combinaison saturée de l’acide nitrique avec la potasse. Sa saveur est fraîche ; il crystallise en prismes ; ses faces sont terminées par des pyramides dièdres ou en biseau, et souvent creusées par un canal dans toute leur longueur.

Le nitre existe en grande quantité dans la nature ; il se forme journellement dans les lieux habités par les animaux, dans les étables, dans les latrines: comme la présence de la craie et d’un sel acide quelconque, facilitent sa formation, on le trouve abondamment sur les murs de lâtre abrités de la pluie ; on l’apelle alors salpète ou nitre de houssage, et les vieux plâtras en contiennent une grande quantité. Il se produit aussi abondamment dans les matières animales putréfiées. C’est ainsi que l’on forme des nitrières artificielles ; quand la putréfaction est assez avancée, on lessive cette matière pour en extraire le nitre. C’est donc ou par le houssage, ou par les nitrières artificielles, ou en lessivant les vieux plâtras, qu’on obtient le nitre. Le salpétrier le fait dissoudre et crystalliser trois fois pour le purifier. Les chimiftes et les pharmaciens font encore subir à ce nitre après la troisième cuite, de nouvelles dissolutions et des crystallisations. Ils sont alors certains de l’avoir bien pur.

Le nitre purifié par trois cuites, est celui qu’on employe dans les arts. Mis sur le feu, il fuse ; mais si on y mêle une substance combustible, il produit une flamme vive accompagnée d’une espèce de décrépitation, il détonne. Telle est la théorie de la fabrication de la poudre à canon, à laquelle on ajoute du soufre pour allumer plus promptement ce mélange. Cent livres de poudre à canon d’Essonne près Corbeil, contiennent soixante-quinze livres de nitre ; neuf livres et demie de soufre et quinze livres de charbon. On triture pendant dix à douze heures ce mélange dans des mortiers de bois avec des pilons de la même matière ; on y ajoute peu à peu une petite quantité d’eau ; lorsque le mouvement a évaporé presque tout ce fluide, et que la poudre mise sur une assiette de fayence, n’y laisse aucune trace d’humidité, on la porte au grainoir. Grainer la poudre, c’est la faire passer dans des cribles dont les trous sont de différentes grandeurs jusqu’à celle de la poudre à canon ; ces cribles sont mus horizontalement et en ligne droite ; on la tamise pour ôter la poussière, et on l’expose dans le séchoir aux rayons du soleil du midi qu’elle reçoit à travers un vitrage. La poudre de chasse se lisse pour qu’elle ne salisse pas les mains. Cette opération a lieu en la faisant tourner dans un tonneau où elle acquiert le poli par le frottement. La poudre lisse a moins de force que la poudre à canon. En général, pour que la poudre soit bien faite, il faut que le charbon soit bien faite et le mélange bien exact. La détonation est due à la combustion du gaz hydrogène et de l’air vital ; voilà pourquoi elle a lieu dans les vaisseaux fermés, et elle emporte tous les obstacles qu’on lui oppose.

On retire encore du nitre une autre substance intéressante, mais sous une autre forme ; en le mêlant avec de la terre argilleuse, et en distillant ce mélange dans des cornues appelées cuines, sur un fourneau allongé nommé galère ; on obtient l’acide nitreux ou eau forte, dont l’ufage est si répandu pour différentes dissolutions métalliques, pour graver sur le cuivre et sur le marbre ; pour les travaux des doreurs, des chapeliers, des peintres, &c. pour brûler les excroissances charnues uni avec l’acide muriatique, on en fait l’acide nitro-muriatique, le grand dissolvant de l’or et si utile dans les essais. On fait avec l’acool et l’esprit de nitre un éther appelé Ether nitreux.

Le nitre brûlé avec différentes doses de tartre, forme des matières fondantes nommées flux, qu’on emploie pour réduire et fondre les différentes substances métalliques.

Le nitre est un médicament rafraîchissant, diurétique, antiseptique. Lorsque le sel étoit cher, on le subsituoit fouvent à son usage.

7 Nivôse – Jour de la Terre végétale

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Septidi 7 Nivôse

Jour de la Terre végétale.

Septidi 7, Terre Végétale. On appelle ainsi celle qui est à la surface du globe, et qui sert à la végétation. C’est le produit de la décomposition des substances organisées, animales ou végétales. Cette terre nommée aussi humus, ou terreau, varie selon la nature des animaux et des plantes, et selon leur degré de décomposition. L’humus, ou terreau ordinaire, est un mélange du produit de cette décomposition avec les différentes terres où elle s’opere. Le meilleur terreau est celui des bois et des prairies. Les terres où font enfouies beaucoup de matières animales, les cimetières, donnent un terreau particulier dont la nature est excellente. On prend de ces différents terreaux pour fertiliser les jardins.

6 Nivôse – Jour de la Lave

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Sextidi 6 Nivôse

Jour de la Lave.

Sextidi 6, Lave. On appelle ainsi les matières en fusion rejetées par les Volcans, ces vastes soupiraux par lesquels les feux souterreins s’ouvrent une issue, quoiqu’on ne devroit donner particulièrement ce nom qu’à ces fleuves que l’on voit couler dans leur flanc. Les laves sont le plus souvent rejetées sur les côtes des montagnes dont l’intérieur est embrasé ; ces fleuves brûlants, coulent quelquefois à une gande étendue, ravagent et détruisent tout dans les lieux où ils passent. Leur chaleur et leur volume sont si considérables que les laves ne se refroidissent que lentement, et après quelques années. En se refrodissant, elle se fendent et se séparent en masses, qui, quelquefois, présentent des formes régulières.

Les cabinets offrent un grand nombre de variétés de laves, et on en retire beaucoup d’utilité ; elles sont en général composées d’une pâte d’un gris plus ou moins foncé, d’un grain et d’une dureté très-variés, et dans laquelle sont semés des crystaux et des fragmens irréguliers de schorl, de grenat, de verre, de zéolithe, etc. etc.

On compte parmi les produits volcaniques, les scories poreuses en masse informe, ces masses servent à paver différentes villes de l’Italie ; elles forment la base de plusieurs voies romaines ; polies, on en fait des tables, des chambranles ; les morceaux qui offrent des accidens singuliers, servent à faire des boutons, des rabatières, enfin cette lave fondue, fait d’excellentes bouteilles.

La lave en petits fragmens se nomme pouzzolane. Cette substance a reçu son nom de la ville de Pouzzole, où elle a été employée très-anciennement ; il y en a de différentes couleurs ; elle est très-utile pour faire un mortier qui a la propriété de durcir dans l’eau.

Les matières terreuses et pulvérulentes qui se rencontrent aux environs des Volcans, s’appellent cendres de Volcans. On nomme basalte, une substance compacte, étincelante, dont la cassure est noirâtre et cendrée, elle crystalise en prismes à plusieurs pans. Les anciens en faisoient des statues ; celles de plusieurs divinités Egyptiennes sont de cette matière. La pierre de touche qui sert à reconnoître les métaux, par la trace qu’ils y laissent, est un basalte.

Le verre de Volcan se trouve en filets détachés, c’est le fiel de verre, ou en filets agglutinés ; la pierre-ponce, si poreuse et si légère qu’elle nage sur l’eau. Elle sert aux menuisiers, aux doreurs, aux potiers d’étain, aux parcheminiers, aux marbriers, etc. pour polir leurs ouvrages. En masse compacte, c’est la pierre obsidienne des anciens, dont ils faisoient des vases.