9 Frimaire – Jour de la Genièvre

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Nonidi 9 Frimaire

Jour de la Genièvre.

Nonidi 9, Genièvre. C’est le fruit du Genevrier, arbrisseau bien connu et qui croit sauvage ou cultivé dans toute l’Europe ; son tronc s’élève à la hauteur de cinq ou six pieds ; les fleurs sont dioïques, les mâles et les femelles vivent sur des individus différens ; elles forment des chatons auxquels succèdent des baies sphériques qu’on nomme genièvre ou grains de genièvre.

Les Allemands font entrer ces baies dans divers assaisonnemens ; on en fait un vin appellé vin de genièvre, et un ratafiat cordial ; on brûle ses baies pour chasser la mauvaise odeur ; ce bois tendre et léger est d’une belle couleur rouge, les ébénistes en font de jolis petits ouvrages, son écorce est bonne à faire des cordes, son charbon brûle longtems, il en découle une résine recherchée par les fourmis.

Il y a une variété de genevrier plus élevée qu’on cultive dans les pays chauds ; son bois peut servir pour les constructions ; on en retire une résine qui, dissoute dans l’esprit de vin, fait un beau vernis blanc, et réduite en poudre sert à polir le papier gratté.

Cette substance est connue sous le nom de sandaraque.

L’encens est le produit d’une espèce de génevrier qui croît en Arabie ; et qu’on appelle le génevrier hurifère.

8 Frimaire – Jour du Miel

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Octidi 8 Frimaire

Jour du Miel.

Octidi 8, Miel. Le miel ramassé sur les fleurs par les abeilles, paroissoit d’abord un produit végétal, mais comme ces insectes lui font subir une élaboration particulière, on le place actuellement parmi les produits animaux. Cependant on le rapproche davantage des produits végétaux. Sa couleur est jaunâtre, sa consistante syrupeuse ; il a une saveur sucrée et aromatique.

Voici comment on se procure cette substance : après avoir rompu une partie des gâteaux, on pose les morceaux sur des claies d’osier, il en découle le miel vierge, ou le miel de goutte, qui est d’un beau blanc et qui se durcit, on en met ensuite les gâteaux sous la presse ; ce second miel est moins beau, moins pur, il s’y trouve toujours des insectes écrasés. La meilleure méthode est de laisser longtems les gâteaux sur des clayons et de leur procurer ensuite une douce chaleur.

Le miel récolté dans le printemps est le plus estimé, et celui d’été est préférable à celui d’automne. Celui de la commune de Narbonne est le plus recherché. Le miel sert à plusieurs usages, on le regarde comme pectoral : dissous dans l’eau, et mêlé au vinaigre on en fait l’oximel ; il est l’excipient de plusieurs médicamens qui portent son nom, tel que le miel rosat, le miel mercuriel, ect. On le mange aussi avec du pain. Combiné avec de l’orge et du seigle, il forme le pain d’épice, dont on fabrique à Rheims une si grande quantité. Beaucoup de gens le substituent au sucre ; on en retire en effet un vrai sucre, et il passe comme lui à la fermentation spiritueuse ; dans ce dernier état il fait une liqueur nommée hydromel.

Le miel a été regardé par les anciens qui ignoroient l’usage du sucre comme une des substances les plus précieuses. Selon les poëtes, les abeilles en nourrirent Jupiter sur le mont Hymette. Les beaux vers , les discours éloquens avoient la douceur du miel. Aristophane fut, disent-ils, trouvé un jour endormi, des abeilles déposoient leur nid dans sa bouche. Les livres orientaux sont remplis de comparaisons tirées de la douceur du miel. C’est pour avoir rompu le jeûne qu’il devoit observer en prenant un peu de miel au bout d’une baguette, que Jonathas fut, selon la bible, puni de Dieu, qui sûrement ne se fâcha pas pour si peu de chose. Les médailles des villes Grecques où on soignoit des ruches portent une abeille pour empreinte. L’hydromel étoit la boisson des soldats Romains.

7 Frimaire – Jour du Chou-fleur

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Septidi 7 Frimaire

Jour du Chou-fleur.

Septidi 7. Chou-fleur. C’est la tête fleurie d’une espèce du genre chou, dont les feuilles radicales sont longues et plus étroites que celles du chou ordinaire ; les feuilles de la tige se rassemblent en boule comme celles du chou pommé ; du milieu de cette boule, s’élève un amas de fleurs naissantes, comme par bouquets. Ces fleurs se développent et portent dessiliques, si on les laisse sur pied ; mais la graine ne réussit guère en France : on la fait venir du Levant. On mange la tige de ces fleurs au jus ou à la sauce blanche, à l’huile ou avec du fromage ; elle communique à l’eau et l’urine une odeur forte et nauséabonde.

6 Frimaire – Jour de la Mâche

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Sextidi 6 Frimaire

Jour de la Mâche.

Sextidi 6. Mâche. La mâche est une feuille d’une espèce de Valériane, dont il y a plusieurs variétés ; elle croit par-tout, dans les prés, dans les vignes. Ses feuilles sont oblongues, épaisses et délicates ; les fleurs monopétales et tubulées, sont bleues et disposées en bouquet. On cultive cette plante dans les potagers ; on la sème en Vendémiaire pour en avoir tout l’hiver, les agneaux l’aiment beaucoup.

5 Frimaire – Jour du COCHON

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Quintidi 5 Frimaire

Jour du COCHON.

Quintidi 5, COCHON. Ce mammifère est un des animaux les plus singuliers par sa conformation, et les plus utiles par son usage ; il a le pied fourchu, le museau tronqué proéminent et mobile.

Cet animal brut et grossier, dont tous les goûts sont immondes, est extrêmement facile à nourrir ; sa peau épaisse est peu sensible aux coups, il a le toucher peu délicat ; mais l’ouie et la vue excellentes.

Son corps exale une odeur forte et puante ; son museau mobile lui sert à retourner le fumier, et les excrémens ; il cherche les racines succulentes, et tout ce qui est gras et onctueux, quoiqu’en général il ne soit pas absolument carnivore, il aime le sang et la chair sanguinolente et fraîche, et dévore ses petits ; cet animal se roule dans l’ordure, et dans la fange ; il dort long-tems, sur-tout au soleil ; il marche lentement, et ne supporte pas le froid ; sa voix n’est qu’un grognement désagréable ; c’est l’ennemi le plus déterminé des serpens, et des îles qui en étoient infestées, en ont été délivrées par lui très-promptement ; il se défend avec ses deux dents latérales appelées crochets.

Sans même avoir habité la campagne, on connoît les nombreux usages auxquelles peuvent servir toutes les parties du cochon.

La chair se vend fraîche, ou salée. Cuite ou bouillie, on l’assaisonne de mille manières ; ces différentes préparations, constituent l’art du chaircuitier. La tête appelée hure, se mange fumée, bourrée et farcie, le museau appelé grouin et les oreilles se grillent, les cuisses fumées et salées s’appellent jambon, et se mangent seules ou entrent dans une foule d’assaisonnemens. Les pieds, la langue etc. se préparent aussi de différentes manières. Sa viande hachée, s’appelle chair de saucisse.

Le sang de cochon se recueille avec soin quand on le tue, on en remplit des boyaux, avec du lard, du sel et des épices pour en faire du boudin.

On trouve entre la peau et la chair une grande quantité de graisse qu’on enlève par larges plaques et qu’on appelle lard ou petit lard, selon qu’il est plus ou moins près de la chair. On le sale pour le conserver et il entre dans une foule de mets. La graisse qui entoure les intestins et l’épiploon, est très différente du lard, on la fond pour en faire le saindoux, qui sert pour les fritures et pour la composition des pommades. Ce saindoux gardé et ranci s’appelle ieux oing ; on en graisse les voitures.

La peau du porc est bonne pour faire des cribles, ses poils ou soies sont employés pour faire des pinceaux, des brosses et des vergettes. Les cordonniers s’en servent pour introduire leur fil dans les trous qu’ils ont fait avec l’alène.

Le cochon est sujet à une maladie qu’on appelle la ladrerie ; sa chair se couvre alors de taches blanchâtres, causées par un ver intestinal qui s’y loge. Comme cette chair est proscrite dans cet état, il y avoit autrefois des hommes préposés pour juger à l’inspection de la langue, s’ils étoient sains ou malades ; ils avoient le titre de conseillers languayeurs de porc ; ces charges valoient presque celles de conseiller-secrétaire du roi.

Un préjugé superstitieux prive les Juifs et les Mahométans de l’usage du cochon ; ils imitent au moins avec d’autres ingrédiens, les différens mets qu’on en prépare ; par-tout ailleurs on aime et on mange le cochon.

Les Grecs appeloient cet animal us, et voilà pourquoi cette syllabe entre dans la composition du nom de presque tous les animaux qui, par le prolongement de leur museau se rapprochent de la conformation du cochon.

Le cochon est le porc domestique ; c’est le porc sauvage réduit à la domesticité. Le sauvage se nomme sanglier ; son grouin plus vigoureux ; s’appelle boutoir ; ses dents latérales, beaucoup plus fortes se nomment défenses parce qu’il s’en sert pour écarter et même immoler ses ennemis ; il vit dans les bois, où il cherche les endroits les plus déserts : sa chasse périlleuse étoit le plaisir des Héros de l’antiquité, et cet amusement a passé jusqu’à nous ; il est sur-tout commun dans l’Asie, on connoît assez les fameuses chasses des sangliers de Calydos et d’Erimanthe.

4 Frimaire – Jour de la Nefle

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Quartidi 4 Frimaire

Jour de la Nefle.

Quartidi 4, Nefle. Fruit d’un arbrisseau appelé néflier ; ses feuilles assez semblables à celles du cérisier, sont lanugineuses ; ses fleurs rosacées sont blanches ou rouges ; elles sont remplacées par un fruit charnu ou rond terminé par une espèce de couronne.

Ce fruit se mange au dessert ; il est très-astringent.

Le bois de néflier est très-dur et s’employent par les tourneurs pour les pièces qui doivent résister ou à des chocs, ou au frottement ; les branches difficiles à rompre font d’excellens manches de fouet.

On compte plusieurs espèces et variétés de cet arbrisseau.

3 Frimaire – Jour de la Chicorée

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Tridi 3 Frimaire

Jour de la Chicorée.

Tridi 3, Chicorée. Nous avons déjà vu l’endive au 14 de Brumaire ; il y a plusieurs autres espèces et variétés de chicorée qui croissent naturellement, et que l’on cultive pour les manger en salade ; la chicorée sauvage est abondante sur le bord des chemins qu’elle orne par ses fleurs d’un beau bleu sur des tiges rondes et anguleuses. Ses feuilles sont amères et rafraîchissantes.