5 Brumaire – Jour de l’ OIE

Agenda républicain

Quintidi 5 Brumaire

Jour de l’ OIE.

Quintidi 5, OIE. C’est un oiseau palmipède bien connu ; on appelle ainsi tous ceux qui ont les pieds palmés, c’est-à-dire leurs doigts réunis par une membrane, ce qui est particulier aux oiseaux aquatiques, qui au moyen de cette conformation s’en servent comme de rames. La couleur de l’oie varie : le bec et les pieds sont jaunes dans les jeunes oisons ; ils rougissent dans les oies d’un age plus avancé.

Quoique ces oiseaux vivent par tout, on n’en peut guère tirer grand parti que dans le voisinage des étangs, des ruisseaux ou des rivières ; deux jars ou mâles suffisent pour cinq à six femelles ; elles font trois pontes par an, et dix à douze œufs à chaque ponte.

L’oie dort d’un sommeil léger ; on a repéré l’histoire des oies qui éveillèrent les Romains, et sauvèrent le capitole assiégé par les Gaulois qui avoient trompé la vigilance des chiens : mais tout ce que les historiens ont raconté des premières années de Rome, est établi sur des traditions si contradictoires et si imparfaites que nous n’y devons pas une grande confiance.

On mange la chair de l’oie, mais elle est lourde et pesante. On le vendoit autrefois dans les rues aux oyers, aujourd’hui rue aux ours. Les juifs réussissent surtout à l’engraisser. Les foies d’oies ont été très estimés par les Romains et le sont encore aujourd’hui : on en fait à Strasbourg des pâtés chers et recherchés. Pour grossir le volume de ces foies, les Juifs font souffrir aux oies le supplice le plus barbare ; ils les clouent par les pattes dans des cages, avec un réchaud dessous, et ils leur donnent peu à boire, malgré l’altération que cet état violent produit. Dans les pays septentrionaux, on marine les cuisses d’oies en les faisant cuire à moitié dans la graisse, on en fait d’excellens pâtés. La graisse d’oie sert à apprêter les légumes, principalement les chous et à faire d’excellente friture. Les œufs ne sont pas aussi bons que les œufs de poule, cependant on les mange. Les os des cuisses de l’oie servent a faire des appeaux ou espèces de siflets pour appeler les cailles.

L’enveloppe de l’oie est aussi utile que sa substance ; on fait avec les petites plumes, des lits, des coussins, des oreillers, les pennes ou plumes des ailes, servent à écrire.

Les avantages qu’on retire de l’oie, sont donc très-nombreux, mais il ne faut pas le laisser aller dans les jardins ; il brise tout, et sa fiente brûle les plantes. La jusquiame, la ciguë et l’amande amère sont des poisons pour lui.

Les naturalistes regardent l’oie domestique comme une variété ou plutôt une dégénération de l’oie sauvage ; celui-ci est un oiseau de passage, il est du nombre de ceux dont les émigrations périodiques et exactement calculées annoncent à l’agriculteur le retour des différentes époques de l’année, et le tems où il doit commencer ou achever certains travaux rustiques. L’oie sauvage est plus petit que l’oie domestique ; il va en troupe ; cette troupe se forme en un triangle équilatéral, celui qui est en tête fend la colonne d’air et retourne à la queue quand il est fatigué ; lorsqu’ils s’abattent, un dentr’eux fait sentinelle. Ces oiseaux aiment principalement les bourgeons de saule et la presle.

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