8 Brumaire – Jour de l’ Alisier

Agenda républicain

Nonidi 8 Brumaire

Jour de l’ Alisier.

Nonidi 8, Alisier. Joli arbrisseau dont les fleurs disposées en corymbe et assez semblables à celles de l’aubépine ornent les bois au commencement du printemps ; les baies rouges qui leur succèdent peuvent se manger, mais on n’en fait pas usage.

Publicités

8 Brumaire – Jour de la Scorsonère

Agenda républicain

Octidi 8 Brumaire

Jour de la Scorsonère.

Octidi 8, Scorsonère. Cette plante qui a beaucoup de rapport avec le Salsifix n’en differe que par les écailles du calice qui sont sèches sur leur bord. Elle croît naturellement dans les départemens méridionaux ; on la cultive dans les autres. Les racines sont extérieurement noires, ce qui la fait appeler Salsifix noir. On la cueille en Brumaire, pour la manger dans le cours de l’hiver. On l’accomode comme celle du tragopogon ou salsifix blanc, mais elle est plus estimée.

7 Brumaire – Jour de la Figue

Agenda républicain

Septidi 7 Brumaire

Jour de la Figue.

Septidi 7, Figue. C’est le fruit du Figuier, arbre commun dans nos départemens méridionaux et qu’on cultive d’ailleurs dans des vergers appelés figueries. Il offre dans sa fructification un phénomène particulier ; ses fleurs sont cachées dans le fruit même; pour les féconder il faut avoir recours à un moyen singulier appelé caprification. Quelques larves d’insectes nommés cynips y font leur demeure, s’y nourrissent et y subissent différentes métamorphoses ; quand l’insecte est parfait, les paysans portent les figues sauvages qui les contiennent sur les figuiers cultivés ; l’insecte sort tout couvert de la poussière des étamines de la plante, il pénètre ensuite dans la figue qui lui est offerte et porte sur ses pistils le germe de la fécondation ; ces fruits grossissent beaucoup et sont les seuls qui ont des graines.

Les figues sont très recherchées à cause de la douceur de leur goût. Les Grecs les aimoient beaucoup : c’est pour posséder ce fruit délicieux que le tyran Xercès dépeupla l’Asie et voulut asservir la Grece. Il étoit défendu de l’exporter du territoire de la république ; ceux qui dénoncent cette exportation étoient appelées sycophantes. Ce fut en montrant aux Romains une figue fraîche apportée de Carthage en trois jours, que Caron l’ancien leur fit sentir la nécessité de détruire une rivale si puissante et si voisine.

Les figues sont la principale nourriture des habitans de l’Archipel ; c’étoit autrefois celles des sophistes. Les habitans des pays méridionaux savent les sècher : elles font partie de ces fruits secs emmêlés appelées ruendians. Le bois du figuier ne sert qu’aux armuriers parce qu’il s’imbibe très-bien de poudre d’émeril qui leur sert à polir leurs ouvrages. Ce bois a un suc laiteux très caustique, Il est au nombre des encres dites sympatiques, qui paroissent au feu ; il y a plusieurs espèces et variétés du figuiers.

L’arbre qu’on appelle, par superstition, figuier d’Adam, parce qu’on suppose qu’il a servi à couvrir la nudité du premier homme est le Bananier.

6 Brumaire – Jour de l’ Héliotrope

Agenda républicain

Sextidi 6 Brumaire

Jour de l’ Héliotrope.

Sextidi 6, Héliotrope. Cette plante est de la familles des borraginées, c’est-à-dire de celles qui par leur conformation et par leurs propriétés médicales se rapprochent de la bourache. Ses tiges et ses feuilles sont laineuses, et l’extrémité de ses épis est roulée en spirale.

Cette plante croît naturellement parmi les pierres ; l’Héliotrope cultivé a une douce odeur qui parfume les appartemens où on la conserve ; on l’appelle vulgairement verrucaire ou herbes aux verrues ; parce que ses feuilles amères et caustiques font disparoître les verrues et les porreaux.

5 Brumaire – Jour de l’ OIE

Agenda républicain

Quintidi 5 Brumaire

Jour de l’ OIE.

Quintidi 5, OIE. C’est un oiseau palmipède bien connu ; on appelle ainsi tous ceux qui ont les pieds palmés, c’est-à-dire leurs doigts réunis par une membrane, ce qui est particulier aux oiseaux aquatiques, qui au moyen de cette conformation s’en servent comme de rames. La couleur de l’oie varie : le bec et les pieds sont jaunes dans les jeunes oisons ; ils rougissent dans les oies d’un age plus avancé.

Quoique ces oiseaux vivent par tout, on n’en peut guère tirer grand parti que dans le voisinage des étangs, des ruisseaux ou des rivières ; deux jars ou mâles suffisent pour cinq à six femelles ; elles font trois pontes par an, et dix à douze œufs à chaque ponte.

L’oie dort d’un sommeil léger ; on a repéré l’histoire des oies qui éveillèrent les Romains, et sauvèrent le capitole assiégé par les Gaulois qui avoient trompé la vigilance des chiens : mais tout ce que les historiens ont raconté des premières années de Rome, est établi sur des traditions si contradictoires et si imparfaites que nous n’y devons pas une grande confiance.

On mange la chair de l’oie, mais elle est lourde et pesante. On le vendoit autrefois dans les rues aux oyers, aujourd’hui rue aux ours. Les juifs réussissent surtout à l’engraisser. Les foies d’oies ont été très estimés par les Romains et le sont encore aujourd’hui : on en fait à Strasbourg des pâtés chers et recherchés. Pour grossir le volume de ces foies, les Juifs font souffrir aux oies le supplice le plus barbare ; ils les clouent par les pattes dans des cages, avec un réchaud dessous, et ils leur donnent peu à boire, malgré l’altération que cet état violent produit. Dans les pays septentrionaux, on marine les cuisses d’oies en les faisant cuire à moitié dans la graisse, on en fait d’excellens pâtés. La graisse d’oie sert à apprêter les légumes, principalement les chous et à faire d’excellente friture. Les œufs ne sont pas aussi bons que les œufs de poule, cependant on les mange. Les os des cuisses de l’oie servent a faire des appeaux ou espèces de siflets pour appeler les cailles.

L’enveloppe de l’oie est aussi utile que sa substance ; on fait avec les petites plumes, des lits, des coussins, des oreillers, les pennes ou plumes des ailes, servent à écrire.

Les avantages qu’on retire de l’oie, sont donc très-nombreux, mais il ne faut pas le laisser aller dans les jardins ; il brise tout, et sa fiente brûle les plantes. La jusquiame, la ciguë et l’amande amère sont des poisons pour lui.

Les naturalistes regardent l’oie domestique comme une variété ou plutôt une dégénération de l’oie sauvage ; celui-ci est un oiseau de passage, il est du nombre de ceux dont les émigrations périodiques et exactement calculées annoncent à l’agriculteur le retour des différentes époques de l’année, et le tems où il doit commencer ou achever certains travaux rustiques. L’oie sauvage est plus petit que l’oie domestique ; il va en troupe ; cette troupe se forme en un triangle équilatéral, celui qui est en tête fend la colonne d’air et retourne à la queue quand il est fatigué ; lorsqu’ils s’abattent, un dentr’eux fait sentinelle. Ces oiseaux aiment principalement les bourgeons de saule et la presle.

4 Brumaire – Jour de la Betterave

Agenda républicain

Quartidi 4 Brumaire

Jour de la Betterave.

Quartidi 4, Betterave. C’est une espèce du genre Bette, qui se distingue de la bette blanche par la grosseur et la couleur de ses racines jaunes ou rouges. On la mange en salade après l’avoir fait cuire ; les marchands qui sophistiquent le vin, se servent de la betterave rouge pour le rendre plus coloré. Margraff, qui a fait des essais sur plusieurs plantes pour en extraire le sucre, en a retiré un véritable de la betterave, comme des carottes et de plusieurs racines semblables. Les anciens qui connoissoient la bette blanche ne connoissoient pas la bette rave.

3 Brumaire – Jour de la Poire

Agenda républicain

Tridi 3 Brumaire

Jour de la Poire.

Tridi 3, Poire. La poire est le fruit du poirier commun des botanistes. J’ai déjà écrit l’arbre en parlant du pommier ; le poirier n’en diffère essentiellement que par la figure allongée de son fruit, qui a fait donner le nom de pyriforme à tout ce qui lui ressemble.

Le poirier se trouve sauvage dans les bois, comme le pommier, mais il a un goût acerbe et désagréable. On ne mange le fruit que des arbres cultivés et il y en a un grand nombre de variétés ; le petit muscat, le rousselet, le beurré, la virgouleuse, etc. Ce fruit se sert cru, ou se mange en compote comme les pommes ; il y a aussi un moyen de sécher les poires et de les applatir ; elles s’appellent alors poires tappées.

On fait avec le suc fermenté des poires, un vin semblable à celui qu’on retire de la pomme, on l’appelle poiré. On en retire de même du vinaigre et de l’eau de vie, le marc réduit en mottes peut servir à brûler. Les poires sauvages se donnent au cochon.

Le poirier et le pommier, soit en pleine terre, soit en espalier, font l’ornement des vergers et des jardins.

Le bois du poirier est pesant, dur, plein et rougeâtre ; il prend très bien la teinture noire, et alors il ressemble tellement à l’ébène qu’on a beaucoup de peine à l’en distinguer ; il est employé par les ébénistes et les tourneurs, et surtout par les luthiers pour les violons ; les graveurs en bois le recherchent beaucoup, principalement pour les planches employées dans l’impression des toiles peintes ?

On trouve sur le poirier un joli insecte, couvert d’écailles d’un vert argenté, appelé le charanson du poirier.