10 GERMINAL – Jour du COUVOIR

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Decadi, 10 GERMINAL

Jour du COUVOIR.

Decadi, 10. COUVOIR. panier d’osier rond et à claire-voix, dont on couvre la poule et les poussins, afin qu’ils ne soient pas dérangés. On ménage à la partie supérieure une ouverture circulaire pour leur donner à manger.

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9 GERMINAL – Jour de l’ Aulne

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Nonidi. 9 GERMINAL

Jour de l’ Aulne.

Nonidi. 9, Aulne. C’est une espèce de Bouleau qui se distingue par ses fruits anguleux. Elle se plaît sur le bord des rivières qu’elle retient dans leur lit, en fortifiant les terres par ses racines. Les lieux où on la plante s’appellent Aulnaies. Les bestiaux aiment ses feuilles ; on prétend que leur odeur chasse les puces. L’écorce est astringente et peut suppléer la noix de galle pour la fabrication de l’encre, aussi la mêle-t-on à la rouille de fer pour teindre en noir. Elle donne seule une couleur rouge dont les pêcheurs Suédois colorent leurs filets, et qui sert aussi à teindre les ouvrages d’os et de corne. Elle peut entrer dans la fosse des tanneurs. Le bois est recherché par les tourneurs, les sabotiers, les ébénistes, qui lui font prendre facilement la couleur de l’ébène ; il se corrompt difficilement dans l’eau. Plusieurs ponts sont bâtis sur des pilotis de bois d’aulne.

8 GERMINAL – Jour de la Jonquille

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Octidi. 8 GERMINAL

Jour de la Jonquille.

Octidi. 8, Jonquille. C’est une espèce de Narcisse, le Narcisse jonquille, on le nomme ainsi à cause de sa tige molle et flexible, qui ressemble à celle du jonc ; ses fleurs sont d’un beau jaûne et très-odorantes. On la cultive simple et double dans les parterres et dans des pots ; on en tire une huile essentielle qui entre dans plusieurs parfums.

7 GERMINAL – Jour du Bouleau

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Septidi. 7 GERMINAL

Jour du Bouleau.

Septidi. 7, Bouleau arbre dioique, dont les chatons mâles naissent en automne et s’ouvrent au printemps pour féconder les fleurs femelles qui alors se développent ; il y en a plusieurs espèces.

La plus connue est le bouleau blanc ; on l’a ainsi nommé de la couleur de son écorce. Il a les semences anguleuses, les feuilles ovales et finement dentées. Cet arbre vient assez haut quand on le laisse croitre, et n’est qu’un arbrisseau quand on le tient en taillis. Il sert à une infinité d’usage. Son écorce extérieure peut entrer dans le tan ; elle donne une couleur rouge, dont les Lapons teignent leurs filets ; ils en réunissent aussi les grandes plaques pour s’en couvrir. Les Canadiens en fabriquent des pirogues ; en Suède on en couvre les maisons, et on en fait des bouteilles. La résine dont elle est remplie l’empêche de se corrompre, et les habitans des Alpes en font des torches. L’écorce interne sert également à tanner : elle repousse trois fois ; conservée, elle acquiert de la dureté, et on en fait des souliers et des vestes. Les Kamstchadales coupent cette écorce encore tendre en petits filets, et la mangent avec ce mêlange d’oeufs de poisson, qu’ils appellent Caviar : C’est l’occupation des femmes ; enfin on croit que les anciens s’en servoient pour écrire dessus avec un poinçon. Vers le printemps cet arbre donne par incision une liqueur légèrement acide et agréable, meilleure quand elle est fermentée, et qui peut se conserver une année dans des bouteilles bien bouchées ; un seul rameau fournit souvent en un jour plusieurs livres de cette liqueur ; les bergers s’en désaltèrent quelquefois ; on la vante contre le calcul, et pour enlever des taches de rousseur. Le bois est blanc et dur ; on en fait des manches d’outils, des sabots, et toutes sortes de vases ; son charbon est excellent pour les forges, la poudre à canon et les dessinateurs. Les feuilles donnent une couleur jaûne, ls branches de celui qu’on élève en taillis servent à faire des cerceaux, des ouvrages de vannerie, des liens et des balais.

Les feuilles du bouleau noir donnent une plus belle couleur jaûne. Le bouleau nain croit en Laponie, en Suisse, et devroit être multiplié dans nos montagnes à cause de ses usages. On fait aussi des balais avec ses branches ; les bestiaux aiment beaucoup ses feuilles et ses jeunes branches ; le Lagopède, le Lemming et le Renard blanc s’en nourrissent. Nous avons encore en France une espèce de bouleau intéressante ; voyez Aulne.

6 GERMINAL – Jour de la Bette

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Sextidi. 6 GERMINAL

Jour de la Bette.

Sextidi. 6, Bette. Plante potagère, appellée bette blanche ou poirée, dont les côtes des feuilles se mangent cuites comme les épinards, sous le nom de cardes poirées. Elles sont très-rafraîchissantes. Les cardes poirées se replantent en germinal ou en floréal. Les pieds replantés seulement poussent ces grandes feuilles, dont la côte épaisse et blanche est la véritable Carde des potages et des entremets. Cet aliment ne convient qu’aux gens riches, parce qu’etant très-fade il ne peut valoir que par l’assaisonnement : il étoit méprisé des Romains qui le laissoient à la classe la plus pauvre. Il ne faut pas confondre le Cardon avec la carde. Celui-ci est la feuille d’une espèce d’artichaud, blanchie à l’ombre. Pour l’autre espèce de Bette et son usage, voyez Betterave.

5 GERMINAL – Jour de la POULE

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Quintidi 5 GERMINAL

Jour de la POULE.

Quintidi, 5 POULE, fémelle du Coq. Le plus précieux des oiseaux de basse-cour par le tribut qu’il donne à l’homme chaque jour. Il y en a un grand nombre de variétés que l’on rassemble pour l’utilité, l’amusement et la curiosité, telles que les poules huppées, les négresses, les poules anglaises, etc ; mais les plus communes, celles qui sont de moyenne grandeur, et de couleur noire, sont les plus estimées, parce qu’elles sont les plus fécondes. Elles donnent en général des œufs en abondance pendant toute l’année, mais elles deviennent stériles au bout de trois ou quatre ans. Les unes pendant tous les jours, d’autres tous les deux ou trois jours, quelques-unes deux fois dans un jour ; elles n’ont pas besoin pour pondre du commerce du coq ; mais les œufs fécondés sont les seuls qui puissent éclorre. Les œufs servent à une foule d’usages : on en prépare une infinité de mets ; le jaûne sert à faire des laits de poule : on en tire de l’huile par expression : le blanc, comme mucilage, sert à clarifier les liqueurs. La coque est un absorbant tartareux ; ceux qui les vendent, appelés coquetiers, en font un commerce considérable.

L’oeuf doit servir à la régénération de l’espèce son diamètre longitudinal est plus grand que le transversal, et il est plus petit a une de ses extrémités : tout ce qui approche de cette forme a pris le nom d’oval, ovoide, ové. Son enveloppe, appelée coque, est composée d’une substance blanche, fragile et calcaire ; au milieu de l’oeuf est le point saillant, punctum saliens, qu’on appelle aussi cicatricule. Cette matière gélatineuse est le germe du poulet ; il nage dans le jaune, substance destinée à lui servir de nourriture pendant l’incubation. Une autre substance également gélatineuse, l’albumen environne le jaune ; la partie de l’albumen la plus voisine de la coque est d’une nature séreuse. A l’extrémité du jaûne est une enveloppe appelée chalaza, et ce jeaûne est fixé aux deux pôles de l’oeuf par des ligamens. Vers la base de l’oeuf, entre les deux tuniques, il y a une vésicule pleine d’air. Il est impossible de rapporter ici tous les phénomènes de l’incubation ; il suffit de dire que la poule en couvant ses œufs leur procure une chaleur de 32 degrés, à l’aide de laquelle toutes les parties du poulet se développent. Au bout de 21 jours, le petit animal rompt son enveloppe à coup de bec, et quand il est dehors, la poule rejette cette enveloppe de son nid ; il prend successivement de la force, son duvet se change en plumes : la mere continue encore à échauffer ses petits jusqu’à ce qu’ils ayent acquis toute leur force ; sa sollicitude pour eux, les dangers auxquels elle est toujours prête à s’exposer pour les défendre, sont un objet intéressant pour l’observateur, et ces précautions sont devenues l’emblême de la piété maternelle. Quand les poulets sont grands, on châtre ceux qui ne sont pas destinés à la multiplication de l’espèce, on les engraisse : ce sont les chapons et les poulardes, dont la chair est aussi agréable au goût qu’elle est salutaire.

On fait éclorre artificiellement les poulets dans des fours d’une construction particulière, en leur procurant toujours le degré précis de chaleur qui leur est nécessaire : cet art fort ancien étoit connu des Egyptiens.

Le mâle de la Poule se nomme Coq. Il est le plus ardent des oiseaux. Il se fait remarquer au milieu de son sérail par sa crête rouge, et par ses longs éperons. Il annonce par son chant les heures de la nuit, la pointe du jour. Il est l’horloge vivante des habitans des campagnes.

Le coq a été regardé par les anciens comme le symbole de la vigilance : c’est le compagnon de l’étude et de la sagesse. Cet animal fier et courageux, se bat avec opiniâtreté et combat jusqu’à la mort. Ces combats sont d’un usage fort ancien ; ils avoient lieu au quinzième siècle dans la Provence. Ils sont encore aujourd’hui fort connus par les Anglais. La chair du Coq n’est pas bien bonne à manger ; ses plumes entrent dans divers ornemens ; celles de sa queue servent à faire des ballets.

4 GERMINAL – Jour de la Tulipe

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Quartidi 4 GERMINAL

Jour de la Tulipe.

Quartidi 4, Tulipe. Cette belle fleur est bien connue ; elle est composée de six feuilles ébasées, et le ventre est plus large que l’ouverture. Ses feuilles sont nuancées de différentes couleurs, et la manière dont elles sont panachées, fait aux yeux du fleuriste leur mérite et leur beauté. Le naturaliste n’y rencontre aujourd’hui aucun attrait, quand il n’y trouve rien de nouveau sur l’organisation végétale.

Cette plante bulbeuse est originaire de la Turquie. La premiere a été rapportée de Constantinple en Europe en 1590. Depuis ce tems, ce goût est devenu une manie, et les insensés qui en ont été possédés, ont été nommés fous tulipiers. En effet, on a vu en Pologne et en Hollande des hommes riches sacrifier leur fortune à cette périssable jouissance ; on en a vu payer un prix énorme le plaisir d’écraser une tulipe plus belle que la leur. Les peintres qui s’exerçoient sur la nature morte, ne peignoient guère que des tulipes. On voit peu d’autres fleurs dans le célèbre recueil de Rabel, chanté par Malherbe, qui est à la bibliothèque nationale. Les Anglais, les Hollandais sur-tout réussissent à cultiver les tulipes et à produire des variétés remarquables. Ils leur donnent les nom des hommes puissants qui les achetent, et ils en dressent des catalogues qu’on prendroit pour la généalogie de tous les princes de l’Europe. Cette manie est entiérement tombée en France. Sous l’ancien régime même, il n’y avoit pas plus de deux ou trois foux qui en fussent encore travaillés.