30 vendémiaire – jour du tonneau

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decadi 30 vendémiaire

Jour du tonneau.

Le tonneau est le vaste de bois dans lequel on enferme le vin après qu’il est sorti du pressoir. C’est un assemblage de petites planches longues de chêne, de hêtre ou de châtaignier. Ce dernier bois est le meilleur. Ces petites planches appelées douves, ont une rainure intérieure à leur extrémité, pour poser d’autres petites planches qui composent les fonds. On relie ces douves et ces fonds, c’est-à-dire on les assemble en les fixant par des cerceaux de branches de châtaignier, attachés avec des brins d’osier. Au milieu du ventre du tonneau, est un trou rond par où on entonne le vin, et qu’on appelle la bonde ; on la bouche avec un morceau de bois, de même calibre, garni de linge. Les tonneaux ont différents noms, selon leur capacité. On les appelle tonnes, tonneaux, futailles, mueds, quarts, poinçons, pipes, foudres, etc.

Celui qui fabrique les tonneaux, s’appelle tonnelier, il fait aussi des cuviers, des cuves, des baquets, des baignoires, des sceaux, enfin tous les ouvrages qui se fabriquent d’après les mêmes procédés. On l’emploie aussi pour descendre le vin dans les caves avec les précautions que cette opération exige.

Les Grecs mettaient leur vin dans des vases d’argile, des amphores, et le transportaient dans des outres, vaisseaux de peaux imperméables à l’eau et préparés. Pline attribue aux Piémontais l’invention si utile des tonneaux de bois. Il est certain que l’art du tonnelier est fort ancien, et l’histoire de Diogène, qui passa sa vie dans un tonneau qu’il roulait de place en place, prouve que cet ustensile était connu dans la Grèce. Quelques pauvres femmes, principalement les ravaudeuses, trouvent encore un asyle contre l’inclémence des saisons, dans un tonneau, et y font leur demeure pendant le jour.

29 vendémiaire - orge

29 vendémiaire – jour de l’orge

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nonidi 29 vendémiaire

Jour de l’orge.

Il y a plusieurs espèces d’orge connues des botanistes, l’orge des murs, l’orge seglin, l’orge distique, etc. Celui dont il est ici question est l’orge vulgaire. Ses tiges sont articulées, feuillées et hautes de deux ou trois pieds ; elle portent à leur sommet un épi long de trois pouces environ, et garni de longues barbes.

L’orge semé dans un bas fond, produit une grande quantité de grains ; il aime surtout les terres argilleuses.

L’orge mêlée avec le froment, fait un très-bon pain ; mais, sans cette addition il est moins estimé. C’est la nourriture d’une grande partie des habitants de la Manche, du Finistère et de plusieurs autres. Ce pain convient mieux aux hommes qui travaillent beaucoup, parce qu’il est très difficile à digérer. Aussi était-ce, chez les anciens, la nourriture des gladiateurs, appelés pour cette raison Hordearii. Il est d’ailleurs rafraîchissant et salubre.

En dépouillant l’orge de sa peau, on en fait l’orge mondé, et en ne laissant que le milieu du grain, l’orge perlé ; on en prépare des bouillies et des boissons pectorales et rafraîchissantes. On fait avec de l’orge et du sucre, une espèce de conserve pour le rhume, appelée Sucre d’orge ; l’orgeat doit avoir pour base une décoction d’orge.

Un des grands usages de l’orge, est pour la fabrication de la Bière, boisson connue des Egyptiens et des Grecs sous le nom de Zythos, et des Romains sous celui de Cerivifia ; elle est en usage aujourd’hui chez toutes les nations. On fait tremper l’orge pendant trente heures pour le ramollir ; on laisse germer cet orge mis en tas, ce qui développe le corps sucré ; on le sèche à la tourraille, espèce de fourneau terminé par une trémie sur lequel on l’étend. Il faut ensuite le cribler pour en séparer les germes, appelés touraillons ; on le mout en une farine nommée malt ; cette farine est délayée dans la cuve matière avec de l’eau chaude qui dissout le mucilage ; cette eau se nomme premier métier. Après l’avoir fait chauffer on le reverse de nouveau sur le malt, et il forme le second métier. Après cela, on le met fermenter avec du houblon et de la levure, dans une cuve appelée gutiloire. Quand la fermentation est achevée, on agite, on bat la guîlloire et on met la liqueur en tonneau. La fermentation secondaire qui s’y excite, forme une écume nommée levure, qui sert pour une nouvelle fabrication. L’atelier où on fait la bière s’appelle brasserie, et l’art de la fabriquer, l’art du brasseur. Il est à remarquer que deux brasseurs ont été célèbres dans l’histoire des révolutions : Artevalle, chef d’une insurrection légitime dans le Brabant, contre Charles VI, un des plus stupides des tyrans de la France, et Santerre, qui combat actuellement les rebelles de la Vendée.

Il y a plusieurs variétés de l’orge ; celle que l’on ne sème qu’en Mars, s’appelle le mars ; le grain de l’orge est très-utile pour engraisser les oiseaux de basse-cour.

28 vendémiaire - tomate

28 vendémiaire – jour de la tomate

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octidi 28 vendémiaire

Jour de la tomate.

La Tomate est le fruit d’une espèce de solanum, appelé par les botanistes solanum lycopersique. Ses feuilles sont vertes et découpées ; ses fleurs jaunes sont remplacées par des fruits, semblables à de petites pommes, renfermant plusieurs semences rondes aplaties et jaunâtres.

En général les fruits des solanum, tels que les baies de la morelle, de la pomme de terre, etc. ne se mangent pas ; mais on a remarqué que ceux qui sont rouges et acides, n’ont point une qualité dangereuse. Le fruit du folanum lycoperfique, appelé vulgairement Tomate ou pomme d’amour, est doux au toucher, rougeâtre, aigrelet et bon à manger. On le fait cuire, quand il est mûr, comme les champignons ; on l’assaisonne aussi en salade comme le concombre. Le jus de tomate entre aujourd’hui dans différentes sauces auxquelles il donne une couleur rouge qui plaît à l’œil, et un goût aigrelet qui flatte.

27 vendémiaire - piment

27 vendémiaire – jour du piment

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septidi 27 vendémiaire

Jour du piment.

On donne le nom de Piment à plusieurs plantes indigènes ou exotiques, qui ont une odeur forte et un goût pénétrant ; mais la plante de notre pays qu’on appelle vulgairement ainsi, est le Chenopode botryde des botanistes. Toutes ses parties sont odorantes et visqueuses, ; ses feuilles sont pennées et légèrement velues, et ses fleurs forment des petites grappes axillaires et terminales. On trouve cette plante dans les lieux sablonneux des départements méridionaux. On la recherche à cause de ses qualités pectorales et incisives. Les Vénitiennes en font un grand usage.

26 vendémiaire - aubergine

26 vendémiaire – jour de l’aubergine

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sixtidi 26 vendémiaire

Jour de l’aubergine.

C’est le fruit d’une espèce de solanum, appelé aussi Mélongène. Ses feuilles sont semblables à celles du chêne ; ses fleurs purpurines et à cinq pointes, sont soutenues par de petites épines rougeâtres ; à ses fleurs succèdent des fruits oblongs plus gros que des œufs, remplis d’une chair rougeâtre ; ses semences blanchâtres en aplaties sont réniformes.

Cette plante se cultive dans nos potagers, pour son fruit. Les habitants de nos départements méridionaux le mangent en salade ou cuit comme le concombre. On le mange aussi cuit sous la cendre, ou coupé par quartiers, avec de l’huile, du poivre et du vinaigre. On le confit ailleurs comme des cornichons.

25 vendémiaire - bœuf

25 vendémiaire – jour du bœuf

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quintidi 25 vendémiaire

Jour du bœuf.

Ce mammifère est le plus utile de tous ceux que l’homme a rendu les compagnons de ses travaux. Il n’a point de dents antérieures à la mâchoire supérieure, il en a huit à la mâchoire inférieure. Il porte sur la tête des cornes concaves, recourbées en croissant ; ses pieds sont ongulés et ses mamelles inguinales. La femelle porte pendant neuf mois ; il vit quatorze à quinze ans.

Quand il vient de naître on l’appelle veau ; adulte c’est le taureau. Le bœuf n’acquiert ce nom qu’après avoir subi la castration. On le fait pâturer pendant l’été et on le nourrit avec du foin pendant l’hiver. Il mange vite, et ensuite il rumine ; c’est-à-dire qu’il fait passer successivement ses aliments dans ses quatre estomacs. Il dort d’un sommeil léger et se réveille au moindre bruit. La grande chaleur et le grand froid l’incommodent. On reconnait son âge à ses dents et à ses cornes. Sa grandeur varie comme sa couleur. Les rouges sont très-estimés, les gris pommelés ne valent rien pour le travail.

Le bœuf est l’ouvrier le plus utile de la ferme ; il n’est pas bon pour porter des fardeaux, mais il partage avec le cheval l’occupation des charrois. Les anciens l’attelaient à des chars pour voiturer les femmes. Il traînait autrefois des carrosses ; enfin il sert à charrier les denrées et surtout à tirer la charrue : cet usage qui remonte à la plus haute antiquité, est consacré dans les anciens poèmes et sur les médailles des villes de la grande Grèce renommées pour la fertilité de leur territoire.

Quand le bœuf a été employé à la charrue, ce qui se fait avec succès depuis trois ans jusqu’à dix, on l’en retire pour l’engraisser. Le mois germinal est le plus favorable, parce qu’on est sûr que l’animal sera gras en Vendémiaire. On le laisse sans travailler, on lui donne une nourriture succulente, du sel et beaucoup d’eau, il devient si gras qu’il peut à peine marcher.

Les marchands de bœufs le conduisent dans les foires à petites journées et il est livré au boucher. Sa chair est succulente et délicieuse. Tout le monde en connait l’usage : on l’emploie fraîche, ou on la sale, on la sèche, et on la fume pour la conserver.

La dépouille du bœuf est aussi utile que sa chair ; le cuir tanné et corroyé est employé par les cordonniers les bottiers, etc. Son poil qu’on appelle bourre, sert au bourrelier pour faire des selles et des bâts. Sa corne entière servait aux anciens de base à boire. Les bouviers en font une trompe rustique pour conduire les bestiaux dans les prairies ; le berger Pâris est représenté sur les monuments avec une semblable corne au côté. Les cornes de bœuf enlacées servent encore à fortifier les murs de terre. Cette corne débitée, sciée, tournée ou fondue par le tabletier, sert à fabriquer des boîtes, des peignes, des cornets à trictrac, etc.

La graisse ou suif de bœuf sert à espalmer les vaisseaux et à leur donner le suif. Mêlée à la graisse de mouton elle fait de la chandelle.

Le sang de bœuf est employé pour clarifier différentes substances, telles que le sucre. Il entraîne par son mucilage toutes les autres matières qui les souillent ; le sel sert pour blanchir et dégraisser les étoffes.

On retire d’une enveloppe les intestins du bœuf une membrane nommée Baudruche dont se servent les batteurs d’or ; elle est utile pour la guérison des coupures, et d’ailleurs assez impénétrable aux gas élastiques, pour faire des ballons aérostatiques.

On fait avec le pied de bœuf une huile excellente à brûler. Les pieds, les tendons, les cartilages, les rognures de la peau bouillies, sont la matière de la colle forte dont se servent les menuisiers.

Les excréments du bœuf font un excellent fumier.

Le bœuf a l’habitude de se lécher ; il enlève le poil de sa peau avec sa langue qui est très rude. Cette substance indigeste forme dans son estomac des pelottes rondes connues sous le nom d’égagropiles ; la superstition a attribué à cette substance, que l’on conserve dans les cabinets, des propriétés toutes mensongères.

Il n’est pas étonnant qu’avec tant d’avantages le bœuf ait attiré le respect des peuples superstitieux. Les Egyptiens l’adoraient sous le nom de Boeuf Apis : les habitants de l’Inde lui rendent encore un culte. Par tout le bœuf est traité avec le plus grand soin, et l’on s’est étudié à l’élever, à le multiplier, à prévenir et à guérir ses maladies.